Pergélisol: cet écureuil qui pousse au réchauffement

Le 17 décembre 2014 par Romain Loury
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Pas une bonne mascotte pour le Giec
Pas une bonne mascotte pour le Giec
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Une nouvelle menace plane sur le pergélisol: les écureuils terrestres. Avec leurs terriers, ces animaux pourraient accélérer les effets du réchauffement sur le dégazage du sol, affirment des chercheurs américains au terme d’une étude présentée, mercredi 17 décembre, au congrès de l’Union américaine de géophysique (AGU).

Couvrant environ un cinquième des terres émergées de l'hémisphère Nord, le pergélisol constitue une gigantesque réserve de carbone organique, restes de plantes et d’animaux accumulés dans le sol et le sous-sol au fil des millénaires. Neutralisé par le gel, ce stock de carbone, l’équivalent de deux fois celui contenu dans l’atmosphère, pourrait libérer d’importantes quantités de CO2 et de méthane du fait du réchauffement.

Or plusieurs facteurs pourraient accélérer ce processus. En octobre, des chercheurs américains disaient déjà craindre l’effet de certaines bactéries présentes dans le sol. Plus haut dans l’échelle de l’évolution, c’est au tour de l’écureuil terrestre (Spermophilus parryii), également appelé spermophile ou souslik, d’éveiller les craintes des scientifiques.

Des terriers un peu trop douillets

Contrairement à leurs cousins arboricoles, ces animaux arctiques, que l’on retrouve aussi bien au Canada qu’en Sibérie, ont l’étrange manie de nicher dans des terriers au sol, en l’occurrence en surface du pergélisol.

De quoi «mélanger les couches du sol, accroître leur aération, altérer l’humidité et la température du sol, entraîner une redistribution des nutriments, autant de processus facilitant la décomposition microbienne du pergélisol», explique l’équipe de Susan Natali, du Woods Hole Research Center à Falmouth (Massachusetts), qui a mené l’enquête sur les rives du fleuve Kolyma, au nord-est de la Sibérie.

Selon les chercheurs, les sols fréquentés par les écureuils sont en effet plus chauds que ceux qu’ils n’ont pas colonisés. Et par leurs excréments, ces animaux ensemencent le sol avec de l’azote, qui peut nourrir aussi bien les plantes, lesquelles épongeraient le carbone dégagé par le sol, que les microbes décomposant le pergélisol.

Or du fait qu’ils remuent le sol, les écureuils détruisent les plantes qui pourraient se nourrir de ce carbone: 80% de la surface ne comporte pas de plantes, contre 35% dans un sol contrôle. Le rôle tampon de la végétation s’en trouve donc fortement amoindri.

D’autres animaux impliqués?

Interrogée par la BBC, Susan Natali estime que les écureuils terrestres jouent «un rôle bien plus important dans le cycle du carbone contenu dans le pergélisol qu’on ne l’avait pensé jusqu’alors».

Prochaine étape de son projet Polaris, l’équipe compte retourner sur place pour évaluer la quantité de carbone dégagé du fait des écureuils, et pour déterminer si d’autres animaux contribuent au phénomène. Egalement au programme, l’impact du dégel du pergélisol sur les populations d’écureuils… peut-être une raison d’espérer.



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