Perchlorate d’ammonium dans l’eau bordelaise: l’Anses rend son avis

Le 21 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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Les élus écologistes de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) ont révélé mardi 19 juillet que des taux de 30 microgrammes par litre de perchlorate d’ammonium ont été détectés dans des zones de captage proches d'une ancienne poudrerie, à Saint-Médard-en-Jalles, près de Bordeaux. Le produit chimique est utilisé comme oxydant pour les propulseurs de fusées. L’usine a été rachetée au mois d'avril par le groupe Safran. La CUB a confirmé mercredi 20 juillet que l'information révélée par les élus écologistes était exacte. Ces derniers affirment que la pollution courait depuis des années.
 
Dès le 1er juillet, des mesures de confinement des cinq sites de captage concernés ont été prises lors d'une réunion d'urgence qui s’est déroulée à la préfecture de la Gironde, qui a ainsi décidé d’arrêter l'exploitation de près de 25% des ressources en eau potable de la CUB (soit 740.000 habitants). Des pompages plus importants ont été opérés dans d'autres zones non polluées et des forages nouveaux ont été envisagés.
 
Antoine Boisseau, le directeur régional de la Lyonnaise des eaux, qui assure par délégation jusqu'en 2018 la fourniture en eau de la CUB, estime qu'il faudra «près d'un an et demi pour que cette pollution se résorbe naturellement, car seule la dilution est aujourd'hui connue comme étant efficace».
 
Saisie en janvier 2011 par le ministère de la santé, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a rendu le 20 juillet son avis sur la présence de perchlorate d’ammonium dans les eaux destinées à la consommation. Elle préconise ainsi, «au regard des données toxicologiques actuelles, une valeur limite dans l’eau potable de 15 µg/l pour les ions perchlorate». L’Agence recommande également la réalisation d’une enquête nationale sur la contamination des aliments en perchlorates, en particulier pour préciser les teneurs retrouvées dans les formulations de lait maternisé en poudre utilisé pour la préparation des biberons. Elle conseille de ne pas utiliser d’eau contaminée pour la préparation des biberons des nourrissons jusqu’à 6 mois. Elle recommande enfin aux autorités sanitaires d’inventorier toutes les prises d’eau destinées à produire de l’eau potable qui sont potentiellement exposées à une émission industrielle d’ions perchlorate.
 
Très soluble dans l’eau, le perchlorate d'ammonium découvert dans les captages de  Bordeaux n'est ni cancérigène, ni mutagène, a aussi indiqué mercredi 20 juillet l’Anses. L'Agence régionale de santé (ARS) Aquitaine précise dans un communiqué que pour l'Anses, «si aucune étude épidémiologique n'apporte de preuve concernant les effets des perchlorates sur la fonction thyroïdienne, des études expérimentales suggèrent qu'ils peuvent induire un déficit en hormones thyroïdiennes». Et l’ARS de recommander: «De ce fait, compte tenu de ces incertitudes, le ministère chargé de la santé préconise de ne pas consommer l'eau du robinet si la teneur en perchlorates dépasse 15 µg/l pour l'ensemble de la population, hormis pour les nourrissons de moins de 6 mois. Pour ces derniers, il est conseillé de ne pas utiliser une eau présentant une teneur en perchlorates supérieure à 4 microgrammes par litre (µg/l) pour la préparation des biberons.»
 
Enfin elle conseille aux particuliers «de ne pas recourir à l'utilisation des eaux de puits privés pour la consommation


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