Pendant l'annulation du barrage de Caussade, les travaux continuent

Le 22 octobre 2018 par Stéphanie Senet
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Le projet visait à créer une retenue d'eau de 920.000 mètres cube pour l'irrigation
Le projet visait à créer une retenue d'eau de 920.000 mètres cube pour l'irrigation

Sous la pression des associations environnementales, soutenues par les ministères de la transition écologique et de l’agriculture, la préfète du Lot-et-Garonne a retiré son arrêté autorisant la création d’une vaste retenue d’eau à Caussade. Mais sur le terrain, les travaux continuent.

Les agriculteurs à l’origine du projet de barrage de Caussade (Lot-et-Garonne) sont mauvais joueurs. Alors que l’autorisation de création et d’exploitation de cette retenue d’eau de 920.000 mètres cubes sur le bassin versant du Tolzac a été retirée le 15 octobre par la préfecture, les travaux continuent selon la presse locale.

Un nouveau Sivens
Ce projet, qui ressemble fort à celui de Sivens, visait à créer un barrage pour l’irrigation et le soutien d’étiage bénéficiant à une poignée d’agriculteurs. «Au début, ils parlaient de 8 agriculteurs. Puis les chiffres ont bondi à 14, 20 et 40. Impossible de connaître ce chiffre avec certitude tellement le dossier est mal ficelé. Il a d’ailleurs reçu un avis négatif de l’Agence française pour la biodiversité (AFB) en novembre 2017 et du Conseil national de protection de la nature (CNPN) en janvier 2018», rappelle Anne Roques, juriste à France Nature Environnement (FNE). Au programme: destruction de plusieurs dizaines d’espèces protégées et de zones humides.

Victoire de papier
FNE et la Sepenso Aquitaine, à l’origine d’un recours en annulation et d’un référé-suspension mi-septembre , avaient pourtant emporté une victoire. Quinze jours avant l’audience devant le tribunal administratif de Bordeaux, prévue le 5 octobre dernier, la préfecture du Lot-et-Garonne a été conviée à faire marche arrière. «Dans un courrier adressé le 18 septembre, les ministères de la transition écologique et de l’agriculture lui ont demandé de retirer son arrêté d’autorisation pour non-respect du schéma départemental d’aménagement et de gestion des eaux», explique Anne Roques. Mais le syndicat départemental des collectivités irrigantes (SDCI) semble ne pas pouvoir respecter l’arrêté de retrait, pris le 15 octobre, et pourrait déposer un nouveau recours devant le tribunal administratif pour le contester.

Une infraction pénale
FNE a aussitôt alerté le ministère de la transition écologique et le parquet d’Agen. Poursuivre des travaux de façon illégale est passible de 200.000 euros d’amende et de deux ans de prison selon le code de l’environnement.
Publié le 25 septembre dernier, un rapport ministériel recommande une analyse minutieuse des projets de territoire, sans faire l’impasse d’une étude sérieuse des solutions alternatives aux retenues d’eau.



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