Pêche: une bonne gestion serait rapidement rentable

Le 29 mars 2016 par Romain Loury
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77% des pêcheries non durables
77% des pêcheries non durables

En mauvaise santé pour la plupart d’entre elles, les pêcheries mondiales pourraient récupérer leur pleine capacité de production en environ 10 ans si des mesures appropriées étaient mises en place, selon une étude américaine publiée lundi 28 mars dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

La situation de la pêche mondiale n’est pas brillante, et elle pourrait même être pire qu’on ne le pensait: mi-janvier, des chercheurs canadiens révélaient que les chiffres de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) étaient en-deçà de la réalité, avec un déclin plus prononcé qu’elle ne l’estimait. Pourtant rien n’est perdu, estiment Christopher Costello, de l’University of California à Santa Barbara, et ses collègues.

Certes, 77% des 4.713 pêcheries qu’ils ont analysées exercent de manière non soutenable, notamment en raison d’une production supérieure au rendement maximal durable (RMD). Parmi les plus affectées, celles du Pacifique occidental, suivies de celles l’Atlantique nord-est, tandis que celles du Pacifique nord-est s’avèrent globalement les mieux gérées.

Parmi les scénarios testés par les chercheurs, c’est celui dit d’optimisation économique, avec une sélection des espèces qui ne tient compte que des bénéfices financiers à long terme, qui obtient les meilleurs résultats, au-delà de ceux obtenus par une gestion ne tenant compte que des stocks.

Stocks, captures et gains en hausse

En l’appliquant aux 77% de pêcheries sur une mauvaise pente, il serait possible d’accroître les stocks mondiaux de 388 millions de tonnes, contre environ 850 millions de tonnes actuellement, avec une production annuelle accrue de 2 millions de tonnes (contre 62,4 millions de tonnes actuellement). Les profits seraient en hausse, avec un gain de 31 milliards de dollars par an (+27,7 milliards d’euros/an), contre environ 45 milliards de dollars (40,2 milliards d’euros) de nos jours.

En appliquant cette stratégie à l’ensemble des pêcheries, la production mondiale pourrait même s’accroître de 16 millions de tonnes par an en 2050, avec des stocks en hausse de 619 millions de tonnes et des profits accrus de 53 milliards de dollars (+47,4 milliards d’euros/an).

En s’y mettant dès maintenant, le délai médian pour qu’une pêcherie retrouve un stock soutenable serait de seulement 10 ans, et 98% des stocks mondiaux seraient jugés en bonne santé. A l’heure actuelle, 53% d’entre eux sont en-dessous du seuil de 80% du seuil durable: ils pourraient être 88% en 2050 si rien n’est fait d’ici là.



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