Pêche profonde: une limite à 600 mètres

Le 27 août 2015 par Romain Loury
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Des filets jusqu'à 1.800 mètres de fond
Des filets jusqu'à 1.800 mètres de fond

Pas de pêche en-dessous de 600 mètres: publiée dans la revue Current Biology, une étude sur le chalutage profond démontre que les dégâts sur la biodiversité croissent rapidement au-delà de ce seuil, tandis que les gains financiers baissent.

 

Dénoncé par de nombreuses associations, le chalutage profond est désastreux pour les fonds marins, milieux dotés d’une grande biodiversité, et peuplés de poissons à croissance lente et à maturité sexuelle tardive. Et les rejets y sont bien plus abondants, seules quelques espèces ayant un intérêt commercial.

Rejetée de peu par le Parlement européen en décembre 2013, l’interdiction de cette pratique devrait revenir très prochainement au menu européen. Mais à quelle profondeur faut-il fixer un seuil, celui au-delà duquel la pêche ne peut plus être qualifiée de durable? 600 mètres, pas au-delà, répondent Joanne Clarke, de l’université de Glasgow, et ses collègues.

Spécialistes de la biodiversité marine, les chercheurs ont analysé les captures de 1978 à 2013, entre 240 et 1.500 mètres de profondeur dans l’Atlantique nord-est. Premier constat: une nette transition survient entre 600 et 800 mètres. D’environ 0,3 poisson rejeté par poisson conservé jusqu’à 600 mètres, ce taux grimpe brusquement pour atteindre 1,6 à 1.300 mètres, soit 61% de rejets.

Requins et raies, près de 50% des captures

Quid des élasmobranches, dont les requins et les raies ? Très atteints par le chalutage profond, ces poissons sont sans intérêt commercial, avec des totaux admissibles de captures (TAC) fixés à 0.  En baisse jusqu’à 600 mètres, leur nombre, rapporté à celui de poissons commerciaux, s’élève brusquement au-delà, passant à presque 50% des captures à 1.300 mètres de fond.

Quant aux gains commerciaux par kilomètre carré, ils baissent entre 400 mètres et 700 mètres, restant ensuite stables pour ne remonter qu’à 1.300 mètres, profondeur à laquelle résident les poissons recherchés par les chalutiers, dont le grenadier de roche.

«Pêcher de plus en plus profond entraîne des dommages croissants pour la biodiversité, tout en réduisant les bénéfices pour les pêcheurs (…) selon notre étude, il semble qu’il y aurait des bénéfices très nets de préservation des espèces en fixant une limite à 600 mètres», conclut Joanne Clarke.



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