Pêche profonde: c’est fini pour la Scapêche au-delà de 800 mètres

Le 31 janvier 2014 par Stéphanie Senet
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Une décision symbolique pour le premier armateur français
Une décision symbolique pour le premier armateur français

Tout un symbole. La flotte d’Intermarché –premier armateur français- a annoncé qu’elle s’engageait à arrêter de pêcher, avec ses chaluts de fond, au-delà de 800 mètres de profondeur. Avec cette décision, applicable au plus tard début 2015, la Scapêche opère un véritable revirement de position. Elle s’était jusque-là illustrée par son opposition ferme à l’interdiction de la pêche profonde, notamment lors des débats au Parlement européen.

Est-ce dû aux appels au boycott du groupe qui se sont développés sur les réseaux sociaux? Est-ce lié à la décision de ses concurrents, les groupes Casino et Carrefour, de supprimer de la vente les espèces pêchées en eaux profondes? Intermarché avait déjà annoncé, quelques heures après le rejet de l’interdiction par les députés européens, étudier un changement progressif de ses techniques de pêche dans les 5 ans.

Mais le groupe a fait un pas supplémentaire de taille le 30 janvier, suite à des discussions engagées avec trois associations, Bloom bien sûr (1), spécialisée dans la conservation marine, ainsi que le WWF et Greenpeace. «Les responsables d’Intermarché nous ont annoncé hier 30 janvier qu’ils s’engageaient à mettre fin à la pêche au-delà de 800 mètres de profondeur au plus tard en janvier 2015», raconte Claire Nouvian, présidente de Bloom au JDLE.

Une décision qui tient, selon elle, autant à l’importance du mouvement citoyen en faveur d’une interdiction du chalutage profond (la pétition a recueilli près de 830.000 signatures), qu’à la prise de position des concurrents directs du Mousquetaire. «Non seulement Casino et Carrefour l’ont annoncé, mais il faut y ajouter Auchan et System U, qui sans faire de déclaration publique, ont fait des efforts colossaux depuis 2010 et quasiment supprimé de la vente toute espèce péchée en eaux profondes», poursuit-elle.

 

Quel impact au-delà de 800 mètres?

Si la pêche profonde qualifie toute prise au-delà de 400 mètres, la Scapêche a toutefois limité son interdiction au-delà de 800 mètres. «Cela va réduire leurs prises annuelles d’espèces profondes de 20 à 25%, soit environ 1.400 tonnes de poissons en moins, en particulier de grenadier», précise Claire Nouvian.

L’essentiel de la pêche profonde reste donc maintenu en volume mais un pas important a tout de même été franchi. «L’an dernier, la Scapêche pêchait encore jusqu’à 1.200 ou 1.800 mètres des espèces mettant des dizaines d’années à atteindre la maturité», estime la présidente de Bloom.

L’association travaille désormais de concert avec la Scapêche pour recueillir des données plus précises sur la pêche profonde. «Si l’interdiction a été rejetée par les députés européens, il est prévu une clause de révision dans 4 ans, au regard des données scientifiques sur les impacts des chaluts profonds et des filets maillants de fond sur les espèces et les écosystèmes. Nous y travaillons», conclut Claire Nouvian. Selon Philippe Cury, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), 275 articles scientifiques prouvent déjà que cette pêche détruit les habitats de 400 à 100 espèces non ciblées.



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