Pêche: pression à une semaine du Conseil

Le 13 décembre 2005 par Christine Sévillano
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A quelques jours du Conseil des ministres chargés de la pêche, la Commission a présenté ses propositions de quotas de pêche pour l'année 2006. Parallèlement, une étude de l'Ifremer montre peu de changement malgré cette politique.

Certaines espèces de poissons sur les côtes européennes sont décimées, dixit la Commission européenne et l'Ifremer dans le numéro de décembre du journal du Conseil international pour l'exploitation de la mer (Ciem). Ce n'est pas nouveau, mais la pression s'accentue à quelques jours du prochain Conseil des ministres européens chargés de la pêche, les 20, 21 et 22 décembre, qui va déterminer la politique de la pêche pour l'année prochaine. Un bras de fer va s'engager comme chaque année, les marins pêcheurs essayant d'obtenir des quotas pas trop restrictifs par la voix de leur ministre.

La Commission européenne a présenté le 30 novembre sa proposition annuelle de quotas de pêche et de mesures connexes pour 2006 en tenant compte des avis scientifiques sur l'état des stocks de poisson fournis par le Ciem et le Comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) de la Commission. Un travail réalisé à partir des données collectées en 2004 et analysées en 2005. Dans le cadre du plan de reconstitution du stock de cabillaud de février 2004, après avoir constaté que d'autres flottes pouvaient prendre ce poisson dans ses filets, comme c'est le cas dans la mer du Nord où 40% des captures du cabillaud sont effectuées par des flottes pêchant du poisson blanc, la Commission propose que les chalutiers qui ciblent leur activité sur la langoustine et le perche, et les navires à filets maillants voient leur effort de pêche réduit de 15%.

Les totaux admissibles de captures (TAC) de merlu austral et de langoustine au large de la péninsule ibérique ont été fixés pour obtenir une réduction de 10% de la mortalité par pêche par rapport à 2005, et ce conformément au plan de reconstitution adopté par le Conseil en octobre 2005. La Commission propose également des plans de gestion en 2006 pour des stocks menacés, tels que les anchois du golfe de Gascogne, pour lesquels la pêche pourrait être interdite pendant le 1er semestre 2006. Le lançon de la mer du Nord pourrait également se voir appliquer des TAC très faibles, afin que la pêche expérimentale puisse relever des données au printemps quand la ressource est abondante, des informations que la Commission juge essentielles pour prendre en compte l'état du stock. Pour les stocks d'eau profonde, étant donné les faibles taux de reproduction, la Commission propose une nouvelle réduction des captures de 20%, suite à une diminution de 10% cette année. L'Union européenne devrait ainsi atteindre l'objectif de 30% de la Commission des pêches de l'Atlantique nord-est (CPANE). Seule consolation: pour le merlu du nord, le plan de reconstitution étant satisfaisant, la Commission suggère une hausse de 3%.

Pour la France, l'Ifremer avait noté que les populations ne se sont pas rétablies sur la plupart des côtes, et ce malgré la politique européenne des quotas de capture. Ainsi sur la baie de Vilaine, le golfe du Lion et le sud de la mer du Nord, les stocks poursuivent leur dégradation avec le risque d'une disparition totale de certaines espèces. Seule la côte orientale de la Corse, où le chalutage est peu pratiqué, semble préservée. Toutefois, à l'Ifremer, on n'impute pas aux seuls pêcheurs la dégradation des ressources halieutiques: les substances polluantes amenées par les grands fleuves en Manche orientale et en mer du Nord, ainsi que le réchauffement de la température de l'eau sont également à prendre en considération.




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