Pêche : la FAO veut réduire les prises accessoires

Le 17 janvier 2011 par Célia Fontaine
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L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié le 14 janvier les premières directives mondiales sur la gestion des prises accessoires de poissons et la réduction des rejets.

Il faut entendre par prises accessoires, les poissons capturés accidentellement puis rejetés à la mer, morts ou mourants. Parmi ces victimes peuvent figurer des juvéniles et des espèces menacées d'extinction telles que les tortues de mer, certains oiseaux marins, requins, dauphins, etc[1]. « Les prises accidentelles et les rejets sont une menace pour la durabilité de nombreuses pêcheries et portent préjudice aux moyens d'existence de millions de petits pêcheurs et autres métiers de la pêche », rappelle la FAO.

La FAO indique que ces prises peuvent dépasser 20 millions de tonnes par an. Environ 8 % de la prise totale au niveau mondial sont remis à la mer chaque année, « mais des estimations antérieures indiquaient qu'environ un quart de celle-ci pouvait être repassé par dessus bord. Personne ne connaît véritablement la réalité du problème », estime pour sa part Greenpeace.

En tout état de cause, « l'ampleur de cette mortalité est telle que les prises accessoires dans certains lieux de pêche peuvent affecter la structure et le fonctionnement des écosystèmes marins au niveau de la population, de la communauté et de l'écosystème », souligne Greenpeace.

Il existe actuellement quelques solutions techniques pour réduire les prises accessoires. Par exemple, énumère Greenpeace, les dispositifs d'exclusion des tortues sont utilisés dans certaines pêcheries de crevettes pour éviter de tuer des espèces non ciblées. Dans le cas de la pêche à la palangre[2], le processus de mise en place des hameçons peut être modifié et des dispositifs d'effarouchement des oiseaux peuvent être employés pour réduire de manière radicale le nombre d'oiseaux tués. Pour éviter que les dauphins ne se prennent dans les filets, des émetteurs sous-marins d'ultrasons sont attachés aux filets pour les éloigner. Mais ce n’est pas toujours efficace.

Face à ce constat, les experts des 35 pays de l'Organisation ont avalisé des directives portant sur toutes les espèces capturées par les engins de pêche. Elles « approfondissent la façon dont les pays doivent affronter les prises d'espèces non ciblées et les problèmes de rejets sur le plan pratique », a précisé Frank Chopin, expert en technologies de la pêche de la FAO.

« Les directives couvrent la planification de la gestion des prises accidentelles, l'amélioration des engins de pêche, les fermetures saisonnières de la pêche, les incitations économiques pour faciliter l'adoption des mesures, le suivi, la recherche et le développement, le renforcement des capacités des Etats à appliquer les directives et toutes autres questions pertinentes », précise la FAO.

Elles seront soumises pour approbation au Comité des pêches lors de sa session fin janvier à Rome.



[1]En fonction des pratiques de pêche, les prises accessoires diffèrent : les filets tuent des dauphins, marsouins et baleines, la pêche à la palangre tue les oiseaux, et le chalutage de fond dévaste les écosystèmes marins, rappelle Greenpeace.

[2] Une palangre comprend une ligne principale sur laquelle sont attachés de place en place des bas de ligne ou avançons garnis d'hameçons appâtés.



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