Pêche: la Basse-Normandie se prépare à l’interdiction des rejets

Le 11 mars 2015 par Stéphanie Senet
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60% des poissons débarqués sont trop jeunes pour être commercialisés
60% des poissons débarqués sont trop jeunes pour être commercialisés

Selon les premiers résultats de l’étude «Rejet», conduite par l’Organisation des producteurs de Basse-Normandie (OPBN), l’obligation européenne de débarquement, entrée en vigueur en janvier 2015 pour les espèces pélagiques, touche surtout des poissons juvéniles.

Lancée en juin 2014 et co-financée par la région Basse-Normandie[1], cette étude se base sur les déclarations d’armateurs volontaires quant aux espèces et aux tonnages débarqués. Objectif: analyser les conséquences de la nouvelle obligation européenne mise en place dans le cadre de la réforme de la politique commune de la pêche (PCP) pour mieux protéger les ressources halieutiques. «Nous avons ciblé les bateaux supérieurs à 18 mètres, qui représentent plus de la moitié des captures de l’OPBN, toutes espèces confondues», précise au JDLE Théo Filippi, chargé de mission de cette organisation professionnelle.

entre 3 et 6% des ventes à la criée

Si les rejets varient énormément selon la période de l’année, 60% d’entre eux sont dus à la taille des poissons, inférieure à la limite réglementaire, ajoute l’OPBN. Pour les autres rejets, il s’agit de poissons abîmés, d’espèces non commercialisables (comme le chinchard), ou pour lesquelles le quota annuel a été atteint. «Entre l’été et l’automne, ces débarquements pourraient représenter entre 400 et 800 tonnes de prises, soit entre 3 et 6% des ventes à la criée sur cette période», estime Théo Filippi. L’étude sera conclue en juin prochain, mais les espèces pour l’heure les plus touchées sont le chinchard, le merlan, la plie ou l’églefin.

Don aux associations et transformation

Comme les invendus des criées, les espèces débarquées sont aujourd’hui données à des associations caritatives comme les Paniers de la mer ou vendues à très bas prix à des usines de transformation, pour la fabrication de produits cosmétiques et de farines animales. «Pour trier sur le fond plutôt que sur le pont, il faudra faire des progrès en matière de sélectivité des pratiques de pêche ou de report de l’effort de pêche sur certaines régions», reconnaît Théo Filippi.

Malgré la mobilisation des associations environnementales, l’interdiction des rejets n’est pas globale depuis le 1er janvier 2015. Elle ne concerne que les espèces pélagiques et touchera progressivement l’ensemble des espèces soumises à quota d’ici 2019. Les sanctions n’entreront en vigueur qu’en 2017. La réforme de la PCP est encore loin d’être effective.



[1] L’étude bénéficie du soutien du Comité régional des pêches de Basse-Normandie, de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) et de la Direction des pêches maritimes et de l’aquaculture.

 



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