Pêche illégale: le marché européen fermé au Belize, au Cambodge et à la Guinée

Le 24 mars 2014 par Stéphanie Senet
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Carton rouge aux poissons pêchés illégalement par les navires du Belize, Cambodge et Guinée
Carton rouge aux poissons pêchés illégalement par les navires du Belize, Cambodge et Guinée

Après les menaces, le Conseil de l’Union européenne est passé aux actes. Il a ainsi sanctionné, ce 24 mars, le Belize, le Cambodge et la Guinée-Conakry pour leur lutte insuffisante contre la pêche illégale.

Concrètement, il est désormais interdit d’importer, dans l’Union européenne, tout produit pêché par un navire battant pavillon de l’un de ces trois pays. Leurs bateaux de pêche sont bannis des eaux européennes. Par ailleurs, aucune opération conjointe ni aucun accord de pêche ne pourront être menés entre eux et un Etat membre.

Dans son communiqué, la Commission européenne note que les discussions engagées avec le Belize, le Cambodge et la Guinée n’ont pas porté leur fruit. «Ces trois pays n’ont toujours pas identifié les problèmes structurels» à l’origine du développement de la pêche illégale, «ni montré de réel engagement» en faveur de sa disparition, justifie Bruxelles.

Proposées par la Commission européenne en novembre 2012, ces sanctions visaient initialement les îles Fidji, Vanuatu ainsi que le Panama, le Sri Lanka et le Togo, outre le Belize, le Cambodge et la Guinée. Pour l’heure, seuls les trois derniers sont inscrits sur une liste noire, les autres ayant réalisé des progrès, selon Bruxelles.

La Commission sort un carton jaune à l’égard de trois autres pays: la Corée du Sud, le Ghana et le Curaçao (un petit Etat autonome des petites Antilles). Si ceux-ci ne redressent pas la barre, ils se verront attribuer les mêmes sanctions.

 

Les ONG demandent davantage d’efforts

La décision de Bruxelles a été saluée par 4 grandes organisations environnementales. L’Environmental Justice Foundation (EJF), Oceana, le Pew Charitable Trusts et le WWF demandent toutefois à l’UE qu’elle soit plus transparente dans son évaluation des efforts des pays tiers pour lutter contre la pêche illégale. Elles l’appellent aussi à combler un vide juridique: aujourd’hui, des pays tiers peuvent pêcher dans les eaux des pays sanctionnés et vendre, en toute impunité, leurs produits sur le marché européen.

Premier importateur de poisson au monde, l’Union européenne possède un argument économique de poids face aux Etats exportateurs. Sur le plan juridique, cette décision a été prise en application de son règlement sur la pêche INN, entré en vigueur le 1er janvier 2010, qui vise à priver la pêche illégale d’accès au marché européen et exige que les importations s’accompagnent de «certificats de capture».

Au niveau mondial, la pêche illégale représente environ 15% des prises annuelles, portant préjudice aux pêcheurs, aux communautés locales et à la biodiversité marine.



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