Pêche illégale: la Thaïlande sort de la zone rouge

Le 09 janvier 2019 par Stéphanie Senet
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Bruxelles retire l'avertissement adressé à la Thaïlande
Bruxelles retire l'avertissement adressé à la Thaïlande

La Commission européenne a retiré, le 8 janvier, le carton jaune qu’elle avait délivré à la Thaïlande en avril 2015 pour l’insuffisance de sa lutte contre la pêche illégale.

«La Thaïlande a réussi à remédier aux lacunes de ses systèmes juridique et administratif dans le domaine de la pêche», annonce Bruxelles dans son communiqué. Depuis l’émission de l’avertissement, Bangkok a veillé à mieux respecter «ses obligations en tant qu’Etat du pavillon, Etat du port, Etat côtier et Etat de commercialisation». Elle a aussi introduit des définitions plus claires dans sa législation nationale et durci les sanctions. Elle a enfin renforcé son dispositif de contrôle de sa flotte de pêche et améliorer les systèmes de suivi et de contrôle grâce à des dispositifs de surveillance à distance et d’inspections au port.

Très développée en Thaïlande, l’industrie de transformation des produits de la pêche s’appuie sur les ressources halieutiques provenant du Pacifique et de l’océan Indien. L’évolution de son arsenal juridique pourrait donc avoir des effets bénéfiques sur la durabilité de la pêche au niveau mondial.

Quant aux conditions de travail très dangereuses et aux violations graves des droits de l’homme pratiquées dans le secteur de la pêche, et pour lesquelles la Thaïlande est encore montrée du doigt, la Commission européenne estime aussi que des efforts ont été réalisés. Un bémol: le travail forcé ne faisait pas officiellement partie du dialogue bilatéral qu’elle a mené avec le gouvernement sur la pêche illégale. Bangkok a, il est vrai, annoncé la ratification de la convention de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur le travail dans le secteur de la pêche. Elle est ainsi le premier pays d’Asie à franchir ce pas.

Au niveau mondial, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, représente de 10 à 20 milliards d’euros par an pour environ 15% des captures. Depuis novembre 2012, la Commission européenne a engagé un dialogue formel avec les autorités de 25 pays suite à l’envoi d’un avertissement. Trois pays restent par ailleurs visés par un carton rouge –le Cambodge, les Comores, et les îles de Saint-Vincent et les Grenadines– et ne peuvent plus exporter leurs produits de la mer sur les étals européens.

 



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