Pêche illégale: la lutte doit se concentrer en Afrique de l’Ouest

Le 01 juillet 2016 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les transferts en mer vers des navires frigorifiques et porte-conteneurs doivent être interdits
Les transferts en mer vers des navires frigorifiques et porte-conteneurs doivent être interdits

L’Afrique de l’Ouest représente l’épicentre de la pêche illégale dans le monde, selon un rapport publié le 29 juin par l’institut britannique pour le développement d’outre-mer (ODI) avec l’aide des journalistes d’investigation espagnols du groupe porCausa.

 

Les flottes étrangères opérant illégalement en Afrique de l’ouest, en particulier au large du Ghana, Libéria, Mauritanie, Sénégal, et Sierra Leone, menacent non seulement plusieurs espèces halieutiques mais aussi les communautés de pêche artisanale. S’il était mis fin à ces activités illicites, 300.000 emplois pourraient être créés dans cette partie de l’Afrique, selon le rapport d’ODI.
 

Navires frigorifiques et porte-conteneurs à la loupe


Les chercheurs se sont appuyés sur des données satellitaires pour observer à la loupe deux pratiques courantes de la pêche illicite, non réglementée et non déclarée (IUU): le recours à des navires frigorifiques, pour lesquels les exigences de rapport (reporting) sont moins strictes, ainsi qu’à des navires porte-conteneurs.

En 2013, leurs investigations ont permis d’identifier 35 navires frigorifiques en provenance de Chine, de Corée du Sud et des Pays-Bas qui opéraient dans la région. Ces bateaux ont reçu des cargaisons en provenance de navires de pêche, notamment dans les eaux sénégalaises et ivoiriennes, où la loi interdit les transferts entre deux navires. Cette pratique représente 16% des exportations illégales d’Afrique de l’Ouest.

Le reste provient des transferts sur des navires porte-conteneurs (84%), selon Alfonso Daniels, l’auteur principal de l’étude. «Que ce soit volontaire ou non, l’industrie de la pêche a trouvé un moyen de tromper les radars», ajoute-t-il.

 

Interdire les transferts en mer

 

Pour éradiquer de façon efficace la pêche illégale, les auteurs recommandent donc trois mesures principales: l’interdiction des transferts en mer de captures, le renforcement de la réglementation sur les activités illicites, en lien avec Interpol, et le financement de patrouilles de contrôle.

Ils préconisent aussi de lancer un système de surveillance mondial avec création d’un numéro d’identification pour chaque navire de pêche. Une base de données des navires illicites pourrait aussi être mise en place par la FAO[1] avec l’Organisation maritime internationale (OMI).

La pêche illégale prive l’Afrique d’environ 1,3 milliard de dollars (1,2 Md€) de revenus chaque année.

 



[1] FAO: Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus