Pêche illégale à bord du deuxième plus grand chalutier d’Europe

Le 14 décembre 2012 par Stéphanie Senet
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Le géant des mers risque une lourde amende
Le géant des mers risque une lourde amende

C’est au port de Cherbourg (Basse-Normandie) que le Maartje Theodora attend le verdict. Ce navire de 141 mètres de long, battant pavillon allemand, fait l’objet d’une enquête pour pêche illégale. «Il s’agit d’infractions à la fois au mode de pêche et aux espèces pêchées», a précisé à l’AFP le procureur de la République de Cherbourg Eric Bouillard.

Déplaçant 10.166 tonnes, le deuxième  plus grand chalutier d’Europe détiendrait 2.000 t de maquereaux, harengs et chinchards pêchés illégalement dans la Manche, avec des filets non conformes aux normes européennes (sur une cargaison totale de 4.000 t). Il a été contrôlé le 11 décembre au large du cap d’Antifer, entre Fécamp et le Havre (Seine-Maritime), par un patrouilleur des affaires maritimes, puis consigné à Cherbourg.

Construit en 2000, ce géant des mers appartient à l’armateur allemand Westbank Hochseefischerei GmbH, mais son gestionnaire est le Néerlandais Parlevliet & Van Der Plas B.V. C’est aussi le deuxième plus grand chalutier d’Europe selon l’association Robin des bois.

Deux hypothèses se présentent désormais. Soit un accord est rapidement trouvé. L’armateur paye alors une amende pénale pouvant aller jusqu’à 22.500 euros et une amende civile maximale d’1,2 M€ (égale au montant de la cargaison illégale), qui lui permettent de reprendre sa route vers l’Afrique. Soit une caution est fixée, mais le chalutier devra rester immobilisé et verser plusieurs centaines de milliers d’euros par jour aux autorités portuaires.

Il s’agit en tout cas d’une première dans les eaux territoriales françaises. «Désormais les chalutiers océaniques européens pillent les poissons au large de la baie de Seine, comme ils le font depuis longtemps au large de l’Afrique», commente Robin des bois.

De son côté, Greenpeace étudie les possibilités de porter plainte pour pêche illégale contre le propriétaire et le gestionnaire. «Ce navire est emblématique de l’obésité de la pêche européenne. Certaines flottes sont en mesure de pêcher deux à trois fois plus que le niveau durable pour les océans», estime l’association. En mars 2012, elle avait perturbé la pêche de ce navire pour dénoncer ses activités surdimensionnées dans les eaux mauritaniennes et son impact sur les moyens de subsistance des populations locales.

 



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