Pêche durable: un guide pour les professionnels

Le 06 juillet 2012
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Pêche durable, mode d'emploi
Pêche durable, mode d'emploi

La troisième édition du Guide des espèces à l’usage des professionnels, édité par l’ONG SeaWeb Alliance Produits de la mer, vient de paraître. Ce document s’adresse à tous les acteurs de la chaîne de distribution, intéressés par les questions liées à la préservation des ressources marines.

«Les acheteurs professionnels, enseignes de la grande distribution, chefs, restaurateurs, grossistes, mareyeurs ou poissonniers, ont un rôle-clé dans le choix des espèces à proposer aux consommateurs. Ils peuvent avoir plus d’impact que ces derniers sur la filière», estime Elisabeth Vallet, directrice de SeaWeb France (voir son interview dans le JDLE).

Un guide complet

Selon l’ONG SeaWeb Alliance Produits de la mer, le Guide des espèces entend répondre concrètement aux interrogations des professionnels. Quelles espèces choisir? Faut-il suspendre les achats d’espèces en danger? Faut-il les reporter vers d’autres espèces durables? Quelles pratiques de production favoriser? Il présente donc, sous l’angle de la durabilité, les principales espèces de produits de la mer consommées en France, en Belgique et en Suisse. Soit une soixantaine environ.

Cet outil détaille l’état des différents stocks d’une même espèce, en s’appuyant sur les dernières données scientifiques disponibles, notamment celles de l’Ifremer, du Ciem, de la FAO ou encore de l’Iccat[1] . Il expose également les impacts des diverses techniques de pêche, c’est-à-dire les engins de pêche actifs (comme les engins traînants, les filets tournants, et les dragues), les engins de pêche passifs (filets, lignes, cannes, palangres, et pièges), ainsi que l’aquaculture.

Des cas complexes expliqués

Dans les informations sur la pêche durable destinées au grand public, telles que le Conso-Guide du WWF, les espèces marines sont généralement classées en trois catégories: verte pour les espèces à privilégier, orange pour les espèces à consommer avec modération et rouge pour les espèces à éviter. La réalité est pourtant plus complexe.

Prenons le cas du cabillaud (Gadus morhua) par exemple. Cette espèce fréquente les eaux de l’Atlantique Nord, des eaux canadiennes (à l’ouest) à la mer de Barents (à l’est), et ne descend quasiment jamais en dessous du 48e parallèle Nord. Alors que le cabillaud est dit «à éviter» dans les guides grand public, le Guide des espèces à l’usage des professionnels explique toutefois que plusieurs stocks de cette espèce se portent bien. Il s’agit du stock Nord-Est Arctique, du stock islandais et du stock de la mer Celtique, même si globalement les stocks de l’Atlantique Nord-Est sont exploités. Mais dans le doute, le guide recommande aux professionnels de «se tourner vers des espèces de poisson blanc issues de pêcheries durables, comme le colin d’Alaska ou le lieu noir», ou d’acheter du cabillaud issu de l’une des sept pêcheries norvégiennes ou des deux pêcheries du Pacifique certifiées par l’éco-label MSC (Marine Stewardship Council, voir JDLE).

Pour les professionnels encore peu habitués à explorer ces situations complexes, plutôt qu’une classification en rouge, orange ou vert, le Guide a choisi de proposer un court encadré «A retenir», avec des recommandations pour une espèce donnée.

Où l’obtenir?

Le guide peut être obtenu en version papier, moyennant 15 euros, en écrivant à guidealliance@seafoodchoices.org ou par courrier à SeaWeb –51 rue Le Peletier, 75009 Paris. Une version numérique gratuite est également téléchargeable sur internet: http://www.allianceproduitsdelamer.org/resources/Guidedesespeces.php

Le guide est réédité tous les deux ans en version papier. Cependant, une actualisation web a lieu tous les ans. Elle sera disponible en janvier 2013 pour cette troisième édition, à l’adresse internet indiquée ci-dessus.

Alliance Produits de la mer travaille également à décliner les informations du Guide des espèces sur d’autres supports, afin d’aider les professionnels à communiquer auprès de leur propre public.

 

Eudoxie Jantet



[1] Ifremer: Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer; Ciem: Conseil international pour l’exploration de la mer; FAO: Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture; Iccat: Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique

 



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