Pêche durable: le Conseil européen toujours à la traîne

Le 14 décembre 2016 par Stéphanie Senet
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Stock recherche rendement maximum durable
Stock recherche rendement maximum durable

Les 28 Etats membres de l’UE ont trouvé, dans la nuit du 13 au 14 décembre, un accord sur les quotas de pêche 2017 dans l’Atlantique du Nord-Est et les eaux adjacentes. Des quotas qui ne respectent le rendement maximum durable que pour une petite partie des stocks.

 

C’est au terme d’un marathon de deux jours que le Conseil Pêche de l’UE a acté les totaux admissibles de capture (TAC) pour 2017. Des limites qui ne respectent pas complètement le rendement maximum durable (RMD), c’est-à-dire la capacité d’une espèce à se reproduire. Réformée en décembre 2013, la politique commune de la pêche (PCP) exigeait pourtant d’atteindre ce RMD dès que possible et au plus tard en 2020.

 

A peine 40 stocks sur 100 au RMD

Dans un communiqué, le Conseil se félicite pourtant de voir le nombre de stocks gérés durablement passer à 44 en 2017 contre 36 l’an dernier. Soit environ un tiers des stocks de l’Atlantique du Nord-Est.

«Selon nos analyses, 39 stocks seulement sur 100 respectent effectivement les avis des scientifiques. En fait, il devient de plus en plus difficile d’analyser les quotas en raison d’un décalage croissant entre les zones étudiées par les scientifiques, c’est-à-dire les unités fonctionnelles, et les zones d’application des quotas ou unités de gestion. C’est emblématique du dysfonctionnement organique inhérent à l’établissement des quotas», explique Stephan Beaucher, spécialiste des négociations européennes pour l’ONG Pew.

 

Reconduction automatique

Par ailleurs, 26 stocks ont été reconduits automatiquement, «sur la base d’une stabilité présumée qui n’est absolument pas démontrée scientifiquement», relève Stéphan Beaucher. C’est le cas de la baudroie de la Manche et de la mer Celtique, un stock fragile dont le TAC s’élève à 42.000 tonnes en 2017. Alors que la Commission proposait de le réduire de 12%, le Conseil a voté la reconduction du TAC fixé pour 2016.

 

Haro sur le cabillaud

Enfin, il faut y ajouter une trentaine de TAC favorables à la surpêche, dont le cabillaud de la mer Celtique (2.830 t) qui est seulement réduit de 38% par rapport à 2016 alors que Bruxelles proposait une baisse de 68%. Même chose pour le cabillaud du Cattégat (entre le Danemark et la Suède), dont le TAC progresse de 42% alors que la Commission proposait une reconduction à l’identique. Pour le merlu du Nord, le TAC baisse de 8,4% (-31% demandé par Bruxelles).

Le Parlement a officiellement interdit, le 13 décembre, le chalutage de fond au-delà de 800 mètres dans l’Atlantique du Nord-Est. Il tourne ainsi officiellement la page de son vote contraire, en décembre 2013, confirmant sa position arrêtée en trilogue en juin dernier.

 

Le bar: une série d’exceptions

Sensible, le stock de bar dans la zone Sud ne fait pas l’objet de quotas. La France, qui assure 95% des captures, a obtenu de pêcher 2.490 t au maximum en 2017, tous types de pêche confondus selon Pew. L’ONG en conclut que les ligneurs et les petits palangriers seront les plus menacés, puisque les chalutiers risquent d’atteindre ces limites en quelques prises.

Pour la zone Nord, le bar est toujours couvert par un moratoire applicable toute l’année, à quelques exceptions près. Les chalutiers peuvent en effet en pêcher jusqu’à 3% du poids total de leurs captures, dans la limite de 400 kilogrammes par mois. Cette limite s’élève à 250 kg/mois pour les pêcheurs au filet et à 10 t/an pour les pêcheurs à la palangre, à la traîne et les ligneurs.

Par ailleurs, la pêche récréative est officiellement reconnue avec une limite d’1 à 5 bars par jour et par personne selon les zones entre juillet et décembre.



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