PDE: des incitations vers les entreprises belges

Le 12 janvier 2005 par Claire Avignon
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La Belgique, et surtout Bruxelles, mettent en place depuis plusieurs années une politique de mobilité urbaine très ambitieuse. Les premières cibles sont les entreprises: si les déplacements travail-domicile ne représentent que le quart des déplacements, ils sont concentrés aux heures de pointe.

La Belgique est considérée comme l'un des pays d'Europe les plus avancés en matière de politique de mobilité et de transport. La loi-programme du 8 avril 2003 impose la réalisation d'un bilan de mobilité pour toutes les entreprises de plus de 100 personnes. Il s'agit de réaliser un état des lieux des déplacements du personnel des entreprises sans autre obligation. Avec un trafic 2,5 fois plus élevé que le reste du pays, la région de Bruxelles est allée encore plus loin en rendant obligatoire depuis le 1er juillet 2004 la création d'un plan de déplacement des entreprises (PDE) pour chaque organisme de droit privé ou public de plus de 200 salariés. «Les problèmes de circulation demeurent criants dans la capitale, estime Philippe Barette, de l'administration de l'équipement et des déplacements de la région de Bruxelles-capitale. 57% des salariés de Bruxelles se déplacent en voiture. Il est nécessaire de fortement diminuer ce pourcentage.»

Pour rendre cet objectif réalisable, les pouvoirs publics s'efforcent de faire participer tous les acteurs de la mobilité. Les syndicats et la Stib, la société de transports en commun de Bruxelles-Capitale, sont intégrés aux discussions ainsi que les sociétés flamande et wallone de transports, puisque la moitié des travailleurs bruxellois habitent en dehors de la région. Pour convaincre les entreprises, l'administration bruxelloise communique beaucoup: «Nous organisons très régulièrement des formations pour informer les entreprises sur la réglementation, indique Philippe Barette. Nous insistons sur le fait que la mise en place d'un PDE n'implique pas nécessairement l'intervention d'un bureau d'études. Le diagnostic, par exemple, peut consister à effectuer un sondage. Cela ne doit pas prendre plus de six mois.» Ce que confirme Thibaud Colla, mobility manager chez ING, banque qui emploie plus de 10.750 employés en Belgique: «Pour ne pas perdre trop de temps sur la partie diagnostic, on peut regrouper par exemple les salariés par le code postal de leur habitation. Il n'est pas nécessaire d'aller jusqu'à l'échelle de la rue.»

De nombreux outils sont mis en place par l'administration belge, à commencer pas des incitations fiscales pour les entreprises. «Nous avons des exonérations fiscales sur le remboursement des cartes de transport en commun et des trajets à vélo (remboursés au cycliste à hauteur de 15 centimes d'euros le kilomètre)», poursuit Thibaud Colla. La Stib réalise des fiches d'accessibilité sur l'ensemble des moyens pour se rendre dans des lieux précis. Une partie peut être remboursée. La Stib et la SNCB (équivalent de la SNCF) organisent en outre des journées d'information dans les entreprises durant lesquelles sont fournis des renseignements personnalisés sur les meilleurs déplacements en transport en commun. Des sociétés développent le vélo (Pro vélo), le car-sharing (Cambio), c'est-à-dire la mise à disposition d' une série de véhicules dispersés sur différents sites de stationnement. La banque de données de la société Taxistop qui rassemble toutes les offres de covoiturage de Belgique est consultable gratuitement par tous les salariés bruxellois. Selon le mobility manager d'ING, cela n'intéresse que 2 à 3% des salariés. Néanmoins, le nombre de voitures absentes sur la route lorsqu'un véhicule transporte 3 à 4 passagers est non négligeable.




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