PCB: suspension en vue de l’activité d’Aprochim

Le 05 avril 2013 par Stéphanie Senet
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L'usine Aprochim est basée à Grez-en-Bouère (Mayenne)
L'usine Aprochim est basée à Grez-en-Bouère (Mayenne)

La préfète de la Mayenne souhaite suspendre l’activité de l’usine d’Aprochim, située à Grez-en-Bouère, spécialisée dans le traitement des déchets industriels toxiques. En cause: des dépassements trop importants des seuils autorisés de polychlorobiphényles (PCB).

Dans un communiqué, la préfecture indique que la deuxième série de mesures a révélé des concentrations trop élevées de PCBi: 1,49 microgrammes par normal mètre cube (1) alors que la valeur-limite s’élève à 0,8 µg/Nm3. Les flux de PCBi sont également trop élevés: 0,67 g/jour pour une valeur-limite de 0,5 g/j.

Au total, sur les 20 prélèvements réalisés à la sortie de cheminée de l’usine depuis deux ans, 7 ont révélé des dépassements des seuils-limites. «Force est de constater que les modifications apportées ne permettent pas encore de garantir le respect en permanence des valeurs-limites fixées», écrit la préfecture.

La hausse des rejets de PCB met en effet en danger tout l’environnement et présente un risque de contamination des animaux, des eaux et des sols.

Le projet d’arrêté préfectoral suspendant l’activité de l’usine sera présenté pour avis, le 18 avril, aux membres du Conseil de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst).

La préfecture précise que la suspension pourra être levée à deux conditions cumulatives: la remise d’une expertise d’un tiers prouvant que l’entreprise peut respecter à long terme les valeurs-limites et une campagne de mesures d’un mois.

Le signal d’alarme avait été actionné pour la première fois en janvier 2011, avec des taux anormalement élevés de PCB relevés dans les productions de plusieurs exploitations agricoles. Une mise sous séquestre partielle ou totale de 11 fermes avait été prononcée et 300 bovins contaminés avaient dû être abattus. Une information judiciaire pour mise en danger d’autrui et pollution avait été ouverte en décembre 2011 par le parquet de Laval. Mais plus de deux ans plus tard, la pollution aux PCB reste d’actualité.

«Ce n'est que maintenant qu'on prend le taureau par les cornes, alors que les agriculteurs voisins sont économiquement morts et qu'on commence à licencier les salariés de l'entreprise», a lancé Jean-Marc Guesdon, le président du collectif de défense des riverains et des agriculteurs Terre et vie d'Anjou. Pour lui, la situation est simple: «L'Etat a failli à ses responsabilités».



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