PCB: la préfecture reporte encore la suspension d’activité d’Aprochim

Le 19 avril 2013 par Stéphanie Senet
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Qu'attend la préfecture? Une nouvelle étude...
Qu'attend la préfecture? Une nouvelle étude...

Le temps paraît décidément bien long aux riverains de l’usine de traitement des déchets Aprochim, située à Grez-en-Bouère (Mayenne). Cela fait plus de deux ans que des taux anormalement élevés de polychlorobiphényles (PCB) sont régulièrement observés en sortie de cheminée et dans les prélèvements d’herbe. Pourtant, la suspension de l’activité de l’usine vient à nouveau d’être repoussée, a annoncé la préfecture de Mayenne le 18 avril.

Alors que la préfète Corinne Orzechowski avait dit, le 5 avril, vouloir prendre un arrêté de suspension (voir JDLE), elle a fait marche arrière le 18 avril en conditionnant sa décision aux résultats d’une nouvelle étude technique, qui devra être réalisée dans les trois mois. «L’objectif est d’établir une expertise sur les capacités de l’entreprise à expliquer ces dépassements de seuils-limites, sur les moyens d’y remédier et sur la stratégie de prévention à mettre en place», affirme au JDLE le sous-préfet de Château-Gontier Jérôme Harnois.

Ce nouveau sursis accordé par le représentant de l’Etat a été justifié par l’avis défavorable voté par le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst), le 18 avril, sur cette suspension (13 voix contre, 10 voix pour).

Cet organe consultatif, composé de représentants de l’Etat, du secteur agricole, des élus, et des associations de consommateurs et de protection de l’environnement, s’est prononcé après avoir entendu l’exploitant, une filiale du groupe Chimirec, et des représentants du personnel et des associations locales.

«Les derniers résultats des prélèvements réalisés par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) début avril n’ont montré aucun dépassement des valeurs-limites de PCB DioxinLike et de PCBi fixées par un arrêté préfectoral du 12 avril 2012», assure Jérôme Harnois. Mais force est de constater que ces résultats oscillent d’un mois sur l’autre, alors que l’activité de l’entreprise a été réduite à moins de 50% de sa capacité.

Le collectif Terre et vie d’Anjou, qui regroupe des agriculteurs et des riverains, dénonce pour sa part la faillite du dispositif. «Depuis le début de cette affaire, en janvier 2011, on constate une pollution toujours présente. Cela pose clairement la question de l’efficacité de la surveillance du site par les pouvoirs publics», estime-t-il. «Quand l’usine produit au-dessus de 50% de ses capacités, il y a un problème. La baisse des rejets n’est qu’une conséquence de la baisse de la production», analyse Joseph Gaudin, représentant de l’association. Cet éleveur de chèvres, riverain de l’usine, a décidé de stopper la production de fromage de chèvres au début de l’année 2013, en raison de la pollution aux PCB.

«Effectivement, le dossier traîne mais il semblerait que la préfète soit décidée à suspendre pour de bon l’activité de l’entreprise dans trois mois. Il est évident que le maintien de l’emploi dans cette zone rurale constitue un point de blocage», analyse Benjamin Hogommat, chargé de mission à l’antenne des Pays-de-la-Loire de France Nature Environnement (FNE). La préfecture a aussi rappelé Aprochim à l’ordre pour qu’elle poursuive les indemnisations des agriculteurs touchés.

Car si l’usine Aprochim a annoncé le 2 avril vouloir supprimer 21 postes sur 69 au sein de son usine de Grez-en-Bouère, il ne faut pas oublier les préjudices faits à l’environnement et au secteur agricole. Sur les 15 exploitations agricoles touchées, seulement 7 ont été intégralement indemnisées par l’exploitant, indique la préfecture. 3 autres ne l’ont été que partiellement et 4 n’ont rien touché du tout.



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