PCB: l’Afssa définit des valeurs d’imprégnation critiques

Le 09 avril 2010 par Sabine Casalonga
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 L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a défini, dans le cadre d’un avis publié le 8 avril, une valeur d’imprégnation critique aux polychlorobiphényles (PCB) pour les femmes enceintes, allaitantes ou en âge de procréer et les enfants de moins de trois ans. Cette valeur de 700 nanogrammes (ng) de PCB totaux par g de lipides plasmatiques (dans le sang) correspond à la concentration au dessus de laquelle des effets significatifs sur le développement mental et moteur de l’enfant, exposé in utero, ne peuvent pas être écartés.

Pour le reste de la population, l’Afssa propose, à titre indicatif, une valeur d’imprégnation critique de 1.800 ng PCB totaux/g de lipides plasmatiques.

«Contrairement aux valeurs de Dose Journalière Tolérable (DJT) calculées à partir des doses ingérées par l’alimentation et basées sur des études conduites chez l’animal, les valeurs d’imprégnation critique sont fondées sur des études épidémiologiques [chez l’homme], explique Jean-Luc Volatier, responsable du pôle d’appui scientifique à l’évaluation des risques à l’Afssa. En outre, ces valeurs permettent d’évaluer les conséquences d’une exposition aux PCB pendant plusieurs années [les molécules s’accumulent dans l’organisme].»

D’après une étude nationale conduite en 2005, les niveaux d’imprégnation moyens en PCB variaient entre 400 et 740 ng PCB (totaux)/g de lipides plasmatiques, contre 1.800 ng selon une étude de la fin des années 80. D’après l’étude InVS/Afssa de 2006 sur l’imprégnation par les dioxines des populations vivant à proximité d’usines d’incinération, environ 90% des femmes de moins de 45 ans présentaient des taux inférieurs à la valeur critique Les résultats de l’étude nationale d’évaluation de l’imprégnation chez 600 consommateurs réguliers de poissons, lancée en 2008, seront connus début 2011 (1).

L’Afssa recommande par ailleurs d’étendre la réglementation à l’ensemble des PCB, en intégrant les PCB «Non Dioxin-Like» (PCB-NDL) dont le mécanisme d'action diffère de celui des dioxines. La  réglementation européenne (2)  fixe aujourd’hui des seuils à ne pas dépasser dans les aliments pour les dioxines et les PCB de type dioxine (PCB-DL). «A terme, l’objectif sera de fixer des valeurs limites maximales dans l’alimentation cohérentes avec les valeurs critiques d’imprégnation. Notre avis vise à accélérer le processus à l’échelle européenne», souligne Jean-Luc Volatier.

 

(1)   Dans le JDLE «Lancement de l’étude nationale sur l’imprégnation aux PCB»

(2) Règlement 1881/2006 de la commission européenne du 19 décembre 2006 portant fixation de teneurs maximales pourcertains contaminants dans les denrées alimentaires

 

Téléchargez le communiqué de l’Afssa

 

 

 



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