PCB dans la Somme: conséquences d’un arrêté

Le 21 décembre 2007 par Agnès Ginestet
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La commercialisation de certains poissons pêchés dans la Somme et l’Aisne est interdite, et il est recommandé de ne pas en consommer. L’origine de la pollution n’est pas encore connue et semble difficile à trouver.

«Aujourd'hui, l'environnement est sain en apparence. Mais derrière, il y a quelques chose de sournois». Bernard Decroix, exploitant d'étangs et président de l'Association syndicale des propriétaires et exploitants d'étangs de la vallée de la Haute Somme, constate avec désarroi l'impact de cette pollution diffuse qui affecte la région Picardie. Des teneurs supérieures aux normes en polychlorobiphényles (PCB), substances chimiques utilisées jusqu'en 1987 dans la fabrication de transformateurs électriques, ont été détectées dans des poissons, et la préfecture de la Somme a pris un arrêté d'interdiction de commercialisation, en particulier sur une partie de la Somme, en décembre 2006. De nouveaux résultats d'analyses ont donné lieu à une extension de la zone géographique concernée par l'interdiction, soit la Somme et plusieurs de ses affluents.

D'après le nouvel arrêté, il est déconseillé de consommer les anguilles et les autres poissons de fond. «Les concentrations restent en-dessous de la norme en vigueur, sauf pour les anguilles pour lesquelles les teneurs sont 4 à 5 fois supérieures à la norme (…) Il y a un risque de développer un cancer à long terme, si l'on mange beaucoup d'anguilles pendant plusieurs mois voire plusieurs années», explique Jean-Noël De Casanove, directeur départemental des services vétérinaires de la Somme. «C'est bien si le principe de précaution permet de ne plus avoir de pollution, mais sur le terrain, cela pénalise les victimes que sont les pêcheurs», confie Bernard Decroix, qui souhaite que davantage d'analyses soient menées pour mieux cerner la réalité de la pollution.

L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a été saisie par les préfets de la Somme et de l'Aisne pour qu'une étude scientifique complémentaire soit menée, et les services du ministère chargé de l'environnement étudient «les méthodes et les moyens susceptibles de contribuer à la réduction de cette pollution». En attendant, les acteurs vivant du commerce lié à la pêche sont affectés. «Il n'y a rien au niveau accompagnement, et rien au niveau indemnités», souligne Bernard Decroix. La pêche de loisir, dont une grande partie des pratiquants relâche les poissons capturés, pâtit quant à elle de la mauvaise image qui est ainsi donnée des cours d'eau. La fédération de pêche de la Somme affirme recevoir des appels de membres inquiets qui ne souhaitent pas reprendre leur carte de pêche.

Une procédure d'identification de sites industriels ayant pu rejeter des PCB actuellement ou par le passé a été engagée par la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) de Picardie. Aucune source n'a pour l'instant été identifiée. Blaise Gourtay, directeur de cabinet du préfet de la Somme, précise également que les feux de jardin, les rejets collectifs et les eaux pluviales sont des sources potentielles de PCB. «C'est un travail très compliqué (…) On fait notre possible », précise-t-il. Picardie Nature, membre de France nature environnement (FNE), dénonce depuis plusieurs années la présence de terres contaminées aux PCB à Maissemy (Aisne), au-dessus d'une nappe alluviale. Même si le lien avec les cours d'eau concernés par l'arrêté n'est pas établi, l'association estime qu'il faudrait d'abord s'attaquer à ce type de dossier. «S'il y a plusieurs endroits comme ça dans le département de la Somme, ce n'est pas étonnant de voir les PCB se concentrer dans la chaîne alimentaire», estime Patrick Thiery, vice-président de Picardie Nature.




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