Pays-Bas: un premier partenariat public-privé dans l’eau

Le 04 avril 2007 par Agnès Ginestet
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station d'harnaschpolder
station d'harnaschpolder

Le prince héritier Willem-Alexander a inauguré le 28 mars l’usine de dépollution des eaux usées de Harnaschpolder près de La Haye. Elle est le fruit d’un partenariat public-privé (PPP) entre le Conseil de l’eau du Delfland et un consortium dont Veolia est actionnaire à 40%.

Le nom du contrat est «DBFO». D pour design, B pour build, F pour finance et O pour operate. D'un montant de 1,5 milliard d'euros, il a été remporté en 2003 par Delfluent, qui regroupe Veolia Eau (40%), l'entreprise publique de distribution d'eau néerlandaise Evides (40%), la Rabobank (10%) et deux entreprises de travaux publics, Heijmans et Strukton (5% chacune).

Ce consortium a été chargé de construire la nouvelle usine de traitement de Harnaschpolder, inaugurée le 28 mars, de rénover l'actuelle usine de traitement d'Houtrust, et de gérer et assurer la maintenance de ces deux installations pour une durée de 30 ans. «Compte tenu des exigences européennes plus strictes relatives à la qualité des eaux (1), La Haye avait besoin d'étendre ses capacités d'épuration des eaux pour se conformer à la réglementation», a indiqué Huub Glas, membre du Conseil de l'eau du Delfland.

Les deux usines seront connectées entre elles et purifieront 80% des eaux usées de la région de La Haye en répondant aux normes européennes sur l'azote et le phosphore. Celle de Harnaschpolder doit traiter à elle seule 35.800 mètres cubes d'eaux usées par heure, et reçoit une charge polluante de 1,3 millions équivalents habitants. L'une de ses particularités est la production de biogaz par les digesteurs de boues, qui, selon le consortium, pourrait contribuer à au moins un tiers de l'énergie totale de l'usine.

Le PPP qui a abouti à cette réalisation ne s'est pas fait en un jour. «Aux Pays-Bas, le secteur public de l'eau est très fort et il y a une réticence vis-à-vis du secteur privé», a expliqué Cyril Roger-Lacan, directeur de Veolia Europe. Le Conseil de l'eau du Delfland, qui est l'un des 27 du pays, a lancé un appel d'offres avec un objectif de prix inférieur d'au moins 10% à celui du secteur public. Finalement, le projet de Delfluent qui a été retenu fixe comme objectif une économie de 17% par rapport au prix public. En cas de non conformité de la qualité de l'eau aux exigences du contrat, le Conseil de l'eau a la possibilité de lui imposer des pénalités.

Au total, le financement du projet, assuré par 11 banques européennes, est de 362,5 millions d'euros. «Nous sommes le seul Conseil de l'eau du pays à avoir adopté un PPP, et ce type de contrat nécessite des investissements importants», a confié Huub Glas. De son côté, Bruno D'Artagnan, secrétaire général de Delfluent et responsable de Veolia eau Pays-Bas, a déclaré: «Nous espérons que ce projet soit le premier d'une longue série aux Pays-Bas».

(1) Directive 91/271/CEE du Conseil, du 21 mai 1991, relative au traitement des eaux urbaines résiduaires




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