Pauvre (bio)diversité chez les environnementalistes

Le 31 juillet 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Isabelle Autissier, l'une des rares femmes à diriger une grande ONG française.
Isabelle Autissier, l'une des rares femmes à diriger une grande ONG française.

C’est un peu «faites ce que je dis, pas ce que je fais». Les organisations férues d’écologie axent tout ou partie de leurs actions sur la préservation de la biodiversité. Problème: ce combat louable n’est pas mené au sein même de leur organisation.

Aux états-Unis, la plupart des institutions se préoccupant de défense de l’environnement sont dirigés par des hommes blancs. À la demande du Raben Group —un cabinet de lobbying très porté sur les questions de diversité— des chercheurs de l’université du Michigan ont évalué la diversité sexuelle et éthique des organes dirigeants de près de 300 ONG écologistes, agences fédérales et fondations de protection de l’environnement.

L’homme blanc est partout

Publiée en début de semaine, l’étude a de quoi faire hurler les promoteurs des politiques de diversité. Plus de 70% des patrons de ces organisations sont des hommes. Le taux frise les 100% à mesure que ces institutions sont dotées de budget annuel supérieur au million de dollars. A contrario, aucun dirigeant n’est issu de minorités. Et seuls 16% des administrateurs sont noirs, latinos ou asiatiques. Pour mémoire, près de 4 Américains sur 10 sont issus de ces trois groupes. Et ils seront majoritaires au milieu du siècle.

Les femmes (blanches, bien sûr) s’en tirent mieux. Une organisation sur trois compte une patronne. Nombre de postes à responsabilité (trésorier, secrétaire général, directeur de programme) ont été féminisés au fil des années, soulignent les auteurs. Certaines fonctions, notamment à la communication ou aux relations humaines, sont majoritairement dirigées par des femmes.

La France environnementale reste inégalitaire

Et dans la France de l’environnement, me direz-vous? La situation n’y est pas plus égalitaire. Un rapide coup d’œil à leur site internet montre qu’une majorité de grandes ONG nationales et régionales[1] sont présidées par des mâles blancs, pour reprendre la terminologue chère aux scientifiques de l’université du Michigan. Seuls le WWF France (présidé par Isabelle Autissier), Eau et rivières de Bretagne (Pascale Le Coustumer) et le CNIID (Claude-Noëlle Pickmann) sortent du lot. Quant aux «minorités», elles n’ont voix au chapitre qu’en Outre-Mer. 

L’administration fait un peu mieux. On ne présente plus Ségolène Royal, ministre de l’écologie. Son ministère est pourvu de 6 directions générales, dont deux (la prévention des risques et celle de la pêche) sont dirigées, respectivement par Patricia Blanc et Cécile Bigot-Dekeyzer. Dans les services déconcentrés, on conserve cette répartition des 70%-30%. Sur les 27 DREAL, 8 seulement sont des directrices.

C’est dans les dizaines d’établissements sous tutelle que ça se corse. Très rares sont ceux à avoir des femmes à leur tête. Le conservatoire du littoral est présidé par Vivianne Le Dissez. Quant à l’agence nationale de la gestion des déchets radioactifs (Andra) et le centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), Marie-Claude Dupuis et Carole Le Gall n’en sont que les directrices générales.



[1] Nous avons consulté les sites de la LPO, de FNE, de la Frapna, de Greenpeace France, de la Sepanso, d’Alsace Nature, du RAC, du WWF, de l’Aspas, des Amis de la terre, du CNIID, d’Eau et rivière de Bretagne, de Sortir du nucléaire, de Ferus, de Surfrider.

 



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