Pascal Durand entre enfin en politique

Le 02 juillet 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pascal Durand veut aussi ouvrir les portes et les fenêtres d'EELV.
Pascal Durand veut aussi ouvrir les portes et les fenêtres d'EELV.

Le nouveau patron d’Europe écologie-les Verts hérite d’un parti laminé, endetté, discrédité dans l’opinion. Ce qui n’empêche pas une ambition certaine.

L’homme ressemble à Charles Denner. Cet acteur immense s’est taillé une réputation dans les personnages iconoclastes, des anarchistes souvent.

Le nouveau secrétaire national d’Europe écologie-les Verts (EELV) ne partage pas seulement cette posture avec L’Homme qui aimait les femmes. Comme lui, il a été élevé dans le milieu de la résistance au nazisme. Comme le David Loweinstein de L’Héritier, il a longtemps été cantonné aux précieux seconds rôles dans la galaxie écologiste: aide de camp de Nicolas Hulot dans l’aventure du Pacte écologique, directeur de campagne des Verts lors des dernières élections européennes, co-fondateur d’EELV, cet ancien libertaire a longtemps fui les lumières des caméras, leur préférant l’action dans l’ombre.

Cet «écolo de naissance», comme il se qualifie, «a toujours été vacciné contre les partis politiques», qu’il juge «rigides, opportunistes» et trop institutionnels pour être honnêtes. Le truc de cet avocat d’affaires, c’est les mouvements sociaux, les «seuls à faire bouger les lignes».

A la tête d’un parti «criblé de dettes» et jouissant d’une image «détestable» (à croire encore son camarade Daniel Cohn-Bendit), Pascal Durand veut ouvrir rapidement plusieurs chantiers pour redorer l’image d’une écologie «qui régresse» dans l’opinion. Le successeur de Cécile Duflot entend d’abord recentrer EELV sur l’écologie politique. Et les combats s’annoncent nombreux: forage pétrolier en Guyane («le truc le plus débile pour aider la Guyane»), Iter (une «hérésie absolue!»), le projet de réacteur à neutrons rapides Astrid, la réforme du Code minier et de la fiscalité. «Il y a une vingtaine de milliards de niches fiscales qui sont des subventions directes aux dommages causés à la nature. On peut trouver là des économies ou réaffecter cet argent.»

Second pilier du programme de reconstruction: ouvrir le dialogue avec la société. Et notamment avec le monde associatif et les grandes organisations non gouvernementales. «Il y a au WWF, à Greenpeace, à la Fondation Nicolas Hulot ou dans le réseau Négawatt une véritable expertise que l’on ne peut pas développer dans un parti qui compte en tout et pour tout une dizaine de permanents.» A moins, bien sûr, que n’aboutisse son projet de fondation de l’écologie politique, dans les cartons depuis des mois.

Troisième priorité: convaincre la société de la pertinence de la réponse écolo dans un monde en crise. «Nous devons montrer à la société qu’il existe des solutions, un projet écologiste.» à ce jeu, Pascal Durand compte beaucoup sur les parlementaires EELV et notamment sur les députés fraîchement élus. «Parce qu’ils constituent un groupe parlementaire, ils ont la possibilité d’influer sur l’ordre du jour et de déposer des propositions de loi», rappelle le juriste.

Désormais sous les sunlights, Pascal Durand entame une nouvelle tranche de vie. Comme l’a si souvent fait le Simon Duroc de L’aventure, c’est l’aventure.

 



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