Pascal Canfin pour «un état d’urgence écologique»

Le 21 janvier 2016 par Yves Leers
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Pascal Canfin, nouveau directeur général du WWF-France.
Pascal Canfin, nouveau directeur général du WWF-France.

Député européen, puis ministre du développement avant de conseiller le World Research Institute (WRI), Pascal Canfin a rejoint le WWF, la plus puissante ONG environnementale. Dans la foulée de l’accord mondial issu de la COP 21, il veut en faire bouger les lignes en plaçant la finance verte et les entreprises au cœur de son action.

Directeur général du WWF[1]-France depuis deux semaines, Pascal Canfin a plaidé, jeudi 21 janvier, en faveur de «l’état d’urgence écologique, solution aux crises de l’emploi et de la sécurité», lors d’une conférence de presse à Paris.

«Il n’y a pas d’emplois sur une planète morte», a-t-il dit, en expliquant qu’il attendait du gouvernement «une exigence de cohérence, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui avec le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou avec la subvention à une centrale au charbon en Nouvelle-Calédonie». «Pour François Hollande, l’environnement est une variable d’ajustement selon le contexte politique», a-t-il ajouté.

Neutralité carbone

Revenant sur l’accord de Paris sur le changement climatique adopté en décembre, qui sera signé en avril à New York, Pascal Canfin a dit sa volonté de «se saisir de l’accord comme outil de transformation» des collectivités et des entreprises. «Certes, cet accord est imparfait mais il va au-delà du plus petit dénominateur commun; il affirme l’objectif de parvenir à une neutralité carbone après 2050 et ce n’est pas rien. Cela signifie qu’il faut inventer une économie post-carbone d’ici là», ajoute-t-il. Autre priorité: regarder de près comment vont se concrétiser (ou non) les 10.000 engagements pris par toutes sortes d’acteurs en marge de la COP.

Place financière

En France, a-t-il précisé, 14 entreprises se sont engagées à respecter le plafond des 2°C et 11 veulent le faire dans les deux ans qui viennent. Dans cet esprit, l’ancien journaliste pense qu’il faut faire de Paris «une place financière verte majeure» pour favoriser les investissements verts et zéro carbone. A ce propos, il s’est réjoui de la publication du décret de l’article 173[2] de la loi de transition énergétique qui impose aux investisseurs plus de transparence sur l’empreinte carbone de leurs portefeuilles: «La transition écologique, c’est une vraie politique de l’emploi local réintroduit chez nous».

classer entreprises et collectivités

En partenariat avec d’autres ONG comme Oxfam, le WWF va se lancer dans un classement de collectivités et de plusieurs grandes entreprises, notamment sur le caractère responsable de leurs activités. Rappelant que 70% de la culture de l’hévéa sert à la fabrication des pneus, Pascal Canfin a souhaité la mise en place d’une certification «zéro déforestation» sur le modèle de celle de l’huile de palme.

Le corédacteur du rapport sur le financement de la lutte contre le réchauffement voit dans la baisse des prix du pétrole des effets négatifs en raison des risques de surconsommation, mais aussi des avantages «car cela rend non rentables tous les hydrocarbures non conventionnels».



[1] WWF: Fonds mondial pour la nature

[2] L’article 173 de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (publié au JO du 31 décembre) étend aux investisseurs institutionnel l’obligation de communiquer - dès l’exercice 2016 - sur le risque climatique de leurs portefeuilles, d’évaluer la part verte de leurs investissements et de définir leur stratégie bas carbone.

 

 



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