Pas rentable Notre-Dame-des-Landes?

Le 27 octobre 2011 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Une nouvelle étude remet en cause l’utilité publique du futur aéroport Grand-Ouest de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, qui doit ouvrir ses portes en 2017.
 
«La construction de ce nouvel aéroport entraînerait un appauvrissement pour la collectivité alors qu’une amélioration de l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique entraînerait, en revanche, des bénéfices», conclut l’étude, publiée le 26 octobre, par le cabinet de conseil CE Delft.
Ce rapport, commandé par le CéDpa (1), l’association regroupant les élus opposés au projet, estime que l’analyse initiale, réalisée à l’occasion de l’enquête publique de 2006, comporte de nombreuses erreurs.
 
Il conteste le calcul du bénéfice du nouvel aéroport, qui ne prend pas en compte certains coûts liés à la biodiversité. Pour Jasper Faber, responsable de l’étude, «plusieurs dépenses ont été oubliées par l’étude de 2006, comme la gestion de l’eau, alors que le risque d’inondation serait accru, l’évaluation de la réaction de la nature, et notamment le stockage de carbone, ou encore la perte de terres agricoles».
 
Selon le cabinet, les scénarios avancés en 2006 pèchent aussi par excès d’optimisme, notamment sur les gains en temps de trajet, que CE Delft a revu à la baisse dans son étude, avec une réduction significative de deux tiers. Les projections de prix de pétrole ont par ailleurs été sous-évaluées en 2006, estime CE Delft, tandis que les prévisions de croissance économique ont été surestimées.
 
L’aéroport de Nantes-Atlantique sera-t-il oui ou non bientôt saturé? A cette question cruciale, le cabinet de conseil néerlandais répond que «la capacité maximum ne sera pas atteinte avant longtemps». L’étude de 2006 envisageait de son côté la saturation pour 2019.
 
CE Delft a enfin envisagé, à la demande des élus du CéDpa, le scénario d’une amélioration de Nantes-Atlantique, avec augmentation de ses capacités, et conclut que cet agrandissement serait préférable à la création d’un nouvel aéroport. L’introduction de plus gros porteurs pourrait notamment absorber la croissance du nombre de passagers.
D’après l’étude, les collectivités réaliseraient ainsi une économie de 200 millions d’euros.
 
Le futur aéroport Grand-Ouest, dont le contrat de concession a été signé le 30 décembre 2010 avec une société associant le groupe Vinci, la CCI de Nantes, et la société Entreprises de travaux publics de l’Ouest [JDLE], suscite depuis son lancement de nombreuses oppositions issues de collectifs d’agriculteurs, d’habitants et d’écologistes.
 
(1) Collectif des élus qui doutent de la pertinence de l’aéroport, dont font notamment partie Jean-Paul Naud, maire sans étiquette de Notre-Dame-des-Landes, Ronan Dantec, sénateur EELV et Isabelle Loirat, conseillère municipale MoDem de Nantes.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus