Pas de répit pour les baleines

Le 04 juillet 2012 par Geneviève De Lacour
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Nouvelle victoire pour les chasseurs de baleine
Nouvelle victoire pour les chasseurs de baleine

Les pays chasseurs de baleine, avec à leur tête le Japon, ont une nouvelle fois gagné la partie. La commission baleinière internationale (CBI), réunie à Panama depuis le 2 juillet pour son assemblée annuelle et ce jusqu'à vendredi prochain, a rejeté la création d'un sanctuaire dans l'Atlantique Sud pour protéger les cétacés. Au total, 38 de ses membres ont voté en faveur de la proposition et 21 s'y sont opposés. Or, pour être approuvé, le texte aurait dû recueillir au moins 75% de voix favorables. Baleine bleue, baleine à bosse, baleine franche australe et rorqual commun continueront donc à être pêchés sans répit, sous couvert de prélèvements scientifiques.

«Le but de cette motion était de renforcer davantage la protection des baleines: en cas de levée du moratoire, il existerait ainsi toujours des portions d'océans fermées à la chasse commerciale, explique Jean-Benoît Charrassin, du Muséum national d'histoire naturelle et membre du comité scientifique de la CBI. Mais cette proposition de sanctuaire était surtout politique, dans la lutte qui oppose les pays chasseurs aux Etats protecteurs.»

Si un moratoire international interdit la chasse commerciale des baleines depuis 1986, et deux sanctuaires les protègent dans l'océan Indien (depuis 1979) et dans l'océan austral (1994), certains Etats continuent néanmoins de tuer ces mammifères.

Il s’agit en premier lieu du Japon qui dispose d'une dérogation pour «prélever» des spécimens (entre 400 et 1.000 selon les années) au nom d'une pêche scientifique qui masque en réalité des activités commerciales.

«Le Japon a été autorisé à mener une pêche scientifique, lorsque la CBI a adopté en 1946 une Convention internationale pour la régulation de la chasse à la baleine, afin de fournir des informations sur l'état des stocks et la conservation de l'espèce, explique Jean-Benoît Charrassin au journal Le Monde. Aujourd'hui, nous n'avons plus besoin de ces informations pour gérer le nombre de spécimens, mais il s'avère impossible de modifier ces statuts faute de majorité qualifiée au sein de la CBI.»

La Norvège et l'Islande, qui ont posé une objection au moratoire, poursuivent une chasse commerciale (700 baleines pêchées, selon les derniers chiffres de 2010-2011 de la CBI).

Le Danemark au Groenland, les Etats-Unis en Alaska, la Russie, et Saint Vincent et Grenadines (dans les Caraïbes), jouissent, quant à eux, de dérogations pour mener une pêche de subsistance (soit 400 captures en 2010-2011).

Le 3 juillet, la CBI a prolongé pour 6 ans les droits de chasse accordés aux peuples indigènes de ces trois derniers pays, par 48 voix contre 10.



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