Pas de problème sanitaire à craindre des rejets de l’Eyjafjallajokull

Le 19 avril 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Michel Detay/Flickr

Les conséquences de l’éruption du volcan islandais seront plus sévères pour l’économie européenne que pour la santé des Européens.

Les compagnies aériennes n’avaient pas vu ça depuis septembre 2001. Et pourtant. Depuis le 15 avril, Eurocontrol, l’autorité aérienne européenne, interdit la plupart des mouvements d’avions civils au dessus de l’Europe. Lundi 19 avril, 8.000 vols ont été autorisés dans les régions non survolées par le nuage du volcan islandais, à comparer aux 28.126 vols initialement prévus.
 
Depuis le début de la phase explosive de l’éruption, le 14 avril, ce sont 82.000 vols qui ont été annulés. Soit une économie de 1,6 million de tonnes de CO2. Mais l’organisation internationale du transport aérien, (l’Iata) estime à 200 millions de dollars par jour (147 millions d’euros) le coût pour les compagnies. Ce à quoi il faut ajouter les frais engagés par les exploitants d’aérogares, estimés à 136 millions €/jour par le Conseil international des aéroports (ACI). L’ACI ajoute que plus de 6 millions de passagers se trouvent bloqués par les restrictions de vols.
 
Sur le plan sanitaire, la situation semble être moins grave. La Direction générale de la santé se veut d’ailleurs rassurante: «En termes d’impact sanitaire, il n’y a pas, actuellement, de risque significatif pour la santé, du fait de la haute altitude et de la dispersion du nuage de cendres» , indique-t-elle dans un communiqué. Un avis partagé par la Health Protection Agency britannique (1).

La haute altitude est effectivement ce qui nous protège le mieux de cette masse formidable de cendres et de particules. «Le nuage se déplace à une altitude comprise entre 5 et 6 kilomètres . Et du fait des conditions anticycloniques, il ne peut pas retomber à la surface», confirme Karine Léger, adjointe au directeur d’Airparif, l’association francilienne de mesure de la qualité de l’air. Ce blocage en haute altitude a un inconvénient: personne n’est actuellement en mesure de donner la composition exacte des effluents volcaniques. L’agence écossaise de protection de l’environnement doit achever, dans la soirée de lundi, l’analyse des particules recueillies ces jours derniers.
 
Selon l’institut des sciences de la terre de l’université islandaise de Sigillum, le volcan a rejeté 140 millions de mètres cubes de matériaux au cours des 72 premières heures de l’éruption. Dans le lot, des volumes considérables de particules fines. La majorité d’entre elles auraient un diamètre de 300 microns; un quart seulement aurait une taille inférieure à 10 microns (PM 10).
 
Paradoxe, alors que les Franciliens se croyaient à l’abri des retombées de l’Eyjafjallajokull, ils doivent, depuis lundi matin, affronter le premier pic printanier de pollution aux particules fines (PM 10). Résultat de la présence prolongée d’un anticyclone, cette situation devrait au moins durer jusqu’au 21 avril.

 

 

(1)Health Protection Agency britannique

 



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