Pas de «laits végétaux» pour les nourrissons, pour l’Anses

Le 20 mars 2013 par Romain Loury
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L'Anses déconseille les laits végétaux pour les bébés
L'Anses déconseille les laits végétaux pour les bébés

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) met en garde, dans un avis publié jeudi 14 mars, contre l’usage chez les nourrissons de «laits végétaux» et de laits animaux d’origine non bovine, en raison de carences nutritionnelles pouvant s’avérer graves.

«La première année de vie est celle où la croissance est la plus importante. Le nourrisson est donc particulièrement dépendant d’une alimentation adéquate, lui permettant de couvrir ses besoins nutritionnels et son développement», rappelle l’Anses dans un communiqué. Des besoins qui semblent loin d’être couverts dès que l’on s’éloigne de l’allaitement maternel et des préparations pour nourrissons.

Selon une enquête réalisée par l’Association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN), dont l’Anses livre quelques éléments, les médecins observent «une augmentation du nombre de parents utilisant ou souhaitant utiliser dans l’alimentation de leurs enfants des boissons végétales ou des laits non bovins». Raisons principales de telles pratiques: allergies aux protéines de lait de vache, végétarisme, controverses sur les effets sanitaires du lait de vache.

Selon un inventaire dressé par l’Observatoire de la qualité de l’alimentation (Oqali), il existerait 211 boissons végétales [1] en France, pour la plupart à base de soja, de riz, de noix ou de céréales. Plus limité, le marché des laits animaux non bovins se restreint à 1 seul lait sous forme liquide (chèvre), et à 4 laits en poudre (chèvre, brebis, jument, ânesse).

Or ces produits se montrent peu adaptés aux besoins de l’enfant, selon la comparaison menée par l’Anses avec les valeurs réglementaires fixées par la directive européenne 2006/141/CE [2]. Dans 73% des cas, les apports énergétiques se trouvent ainsi inférieurs au seuil minimum; quant aux apports protéiques, ils sont inadaptés dans 83% des cas, dont 26% inférieurs et 57% supérieurs au seuil minimum.

D’où des conséquences parfois sévères chez les jeunes enfants alimentés de cette manière. Citant deux études récentes, l’Anses fait état de 13 cas de complications survenues chez des nourrissons français âgés de 2 à 14 mois, dont des dénutritions majeures, des arrêts de croissance et des anémies. En termes de développement, physique et cérébral, «les répercussions sont d’autant plus sévères que l’insuffisance d’apport est précoce, importante et prolongée», prévient l’Anses.

Si elle déconseille fermement l’usage exclusif de ces produits, l’agence se montre tout aussi défavorable à une utilisation même partielle, qui «peut entraîner un ralentissement de la croissance, une carence en fer, en calcium ou en vitamines».

A l’origine du rapport, le comité d’experts spécialisé (CES) «Nutrition humaine» de l’Anses juge «souhaitable que l’étiquetage de ces produits indique d’une part la composition nutritionnelle en énergie, macronutriments, minéraux, oligoéléments et vitamines, et d’autre part qu’ils ne conviennent pas à l’alimentation des enfants âgés de moins de 1 an et que leur utilisation peut être à l’origine d’accidents graves».

[1] Si ces produits sont fréquemment appelés «laits végétaux», seules les appellations «lait de coco» et «lait d’amande» sont autorisées par la Commission européenne, les autres devant porter le nom de «boisson» ou de «jus», rappelle l’Anses.

[2] Ce texte européen a été transposé en droit français par un arrêté du 11 avril 2008.

 



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