Pas de distanciation sociale dans le métro parisien

Le 24 avril 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Catherine Guillouard prévoit de porter à 70% la capacité de la RATP dès le 11 mai.
Catherine Guillouard prévoit de porter à 70% la capacité de la RATP dès le 11 mai.
RATP

Pour que le transporteur francilien puisse transporter 8 millions de personnes dès le 11 mai, les voyageurs devront obligatoirement porter des masques.

 

Plus que jamais, la reprise s’annonce délicate pour les opérateurs de transports collectifs. Avec, toujours au centre des débats, la délicate question de la distanciation sociale.

Interrogée, ce vendredi 24 avril par France Inter, la présidente de la RATP a donné quelques indications sur les pistes de réflexion ouvertes par les dirigeants du cinquième acteur mondial du marché du transport collectif. Une réflexion conduite dans un certain flou.

consignes gouvernementales

Contextuel, tout d’abord. La régie prévoit de porter de 4% à 70% son offre de transport (soit 8 millions de voyages par jour) d’ici au 11 mai. Mais sans connaître les futures consignes de déconfinement. «Nous attendons encore, de la part du gouvernement, le cahier des charges sanitaire et organisationnel. Jean Castex [Monsieur déconfinement, nommé début avril, ndlr] rendra son scénario le 29 avril», souligne Catherine Guillouard.

Organisationnel, ensuite. Il faudra faire vite, avec un effectif réduit: «8.500 agents seront encore en congé de maladie ou en garde d’enfants», note-t-elle. La RATP prévoit de distribuer deux masques par jour à ses cheminots. Un effort devra aussi être consenti par les employeurs. Pour minorer les risques de congestion dans les gares et les véhicules, la patronne de la RATP plaide pour le maintien du télétravail et le lissage des heures de pointe.

base légale

Juridique enfin, Les usagers devront, dès lors qu’ils seront disponibles, obligatoirement porter des masques dans les transports en commun. Et malheur aux contrevenants. «C’est une crise sanitaire très grave, il faut qu’il y ait des sanctions. Nous sommes prêts à y participer, il faut nous donner la base légale pour le faire.»

Pas question, en revanche, de respecter les règles habituelles de distanciation sociale. «Ce n'est absolument pas une question de rentabilité mais de faisabilité mais aussi de savoir si on veut rallumer l'activité économique ou pas», déclare-t-elle. Imposer des distances d’un mètre entre chaque usager réduirait des trois quarts les capacités d’emports des bus, trams, rames de métro et autres RER.

Impossible, dans ces conditions d’atteindre l’objectif des 70% de l’offre au 11 mai, estime-t-elle.