Pas de chlore dans les tours aéro-réfrigérantes

Le 14 avril 2005 par Christine Sévillano
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Par méconnaissance, les exploitants de tours aéro-réfrigérantes peuvent utiliser des produits chlorés dans leurs installations pour la désinfection et la lutte contre les légionelles. Pourtant, outre les impacts environnementaux éventuels, ce biocide dégrade les tours.

Le chlore n'est pas préconisé pour la désinfection des tours aéro-réfrigérantes afin d'éliminer les bactéries et éviter la prolifération de légionelles. Aujourd'hui la réglementation ne dit pas un mot sur les biocides à utiliser, seules la surveillance et la maintenance des tours font l'objet d'une réglementation poussée pour prévenir les légionelles. «Il faut remarquer que beaucoup d'exploitants utilisent mal le chlore: ils en mettent régulièrement dans les tours en pensant que cela suffira. Nous ne le recommandons pas à nos clients», explique Pascal Courat, responsable grands comptes et spécialiste du traitement de l'eau chez Balticare, constructeur de systèmes de refroidissement. Le chlore, comme la plupart des biocides, doit être injecté dans des quantités permettant une consommation complète par l'équipement, afin d'éviter les rejets dans l'environnement. De plus, il est efficace seulement quand le pH de l'eau est compris entre 7 et 7,5. «Mais le pH d'une tour, qui a une évaporation classique, se modifie naturellement pour atteindre une valeur comprise entre 8,5 et 9», poursuit Pascal Courat. Il faut donc maîtriser le pH de l'eau des tours sinon l'action du chlore sur les légionelles est moindre. Autre point faible des produits chlorés: ils amplifient la corrosion des circuits.

Chez Balticare, on conseille d'utiliser deux désinfectants. L'un à base de brome agit avec un pH compris entre 8 et 9, donc mieux adapté à l'eau des tours que le chlore; le second à base d'isothiazolone ne nécessite pas d'énormes doses. Une autre société, Titanair, propose d'utiliser l'oxygène actif, aux fortes propriétés désinfectantes. «C'est un produit d'avenir car plus oxydant que le chlore. Mais il a une faible durée de vie et l'on a du mal à le doser sans dégrader les parties métalliques de la tour», affirme Pascal Courat. Pourtant, Titanair a mis au point une technologie de micro-dosage afin d'obtenir un nettoyage plus efficace sans recourir à trop de produit. Michel Duclos, directeur technique et commercial de Titanair, assure que ce seul produit suffit à désinfecter les tours et qu'il n'est aucun besoin de recourir à un traitement anti-algues, un produit anti-tartre et un filmogène. «D'où une réduction de nos prix de 30 à 40%», estime t-il. Dans le milieu des fournisseurs, une autre piste de réflexion est en cours pour limiter davantage les rejets et les risques environnementaux. Elle concerne le dioxyde de chlore, qui a des propriétés désinfectantes quel que soit le pH. «Mais cette substance a un inconvénient de taille: elle doit être produite sur place avec un matériel coûteux», conclut Pascal Courat.




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