Pas d’exposition au chlordécone pour les jeunes enfants antillais

Le 13 septembre 2011 par Geneviève De Lacour
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L’évaluation du niveau d’imprégnation au chlordécone de la population antillaise se poursuit. C’est ainsi que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié lundi 12 septembre les résultats d’une nouvelle étude portant sur l’exposition alimentaire des jeunes enfants guadeloupéens.

Interdit en 1993, le chlordécone est un insecticide qui a été utilisé pendant des dizaines d’années dans les bananeraies des Antilles pour lutter contre le charançon. Très persistant dans l’environnement et s’accumulant dans l’organisme, il a contaminé les sols et contamine donc toujours les aliments produits localement. On le retrouve ainsi dans certains fruits et légumes ou certains animaux, ainsi que dans les eaux de certains captages. Enfin, il est surtout toxique pour l’être humain.

Cette nouvelle étude intitulée Timoun, qui signifie enfant en créole, a été menée par l'Inserm. Elle avait pour objectif d’estimer l’impact sur le développement des jeunes enfants d’une exposition au chlordécone via l’alimentation. Quant à l'Anses, son rôle était de conduire une enquête sur la consommation alimentaire habituelle des enfants guadeloupéens âgés de 18 mois et notamment d'identifier les principaux aliments vecteurs de l'exposition au pesticide.

Selon l ‘Anses, «les niveaux estimés d'exposition chronique des enfants guadeloupéens âgés de 18 mois ne montrent pas de dépassement de la limite tolérable au plan toxicologique». Ces niveaux sont moins élevés que ceux précédemment estimés pour des tranches d'âge supérieures. Une réalité qui s’explique par la spécificité du régime alimentaire des enfants de 18 mois qui, malgré le début de la diversification, reste encore bien distinct du régime des enfants plus âgés et des adultes: leur alimentation principale reste le lait, représentant 68% de la consommation totale, et ils ne consomment pas encore, ou peu, certains aliments contaminés par le chlordécone.

Concernant l'exposition à court terme des enfants de 18 mois, «des dépassements de la limite tolérable ne sont observés que pour le dachine», précise l’Anses. Aussi appelé chou de Chine, il s’agit d’un légume à tubercule allongé consommé aux Antilles.

L'Anses a aussi comparé les niveaux d'exposition des enfants âgées de 18 mois avec ceux de 3-5 ans; au final, ces derniers sembleraient être les plus exposés. L’Anses, qui ne dispose que de peu de données des habitudes alimentaires des 3-5 ans, envisage d'acquérir des données complémentaires sur des effectifs plus importants. Ces nouvelles études seront menées dans le cadre du plan chlordécone II, prévu pour la période 2011-2013.
 
Les résultats de l'étude épidémiologique Timoun sont en cours d'exploitation par l'Inserm. Ces conclusions épidémiologiques permettront à l'Anses de réévaluer le risque pour les enfants d’une exposition au chlordécone.
 
Articles précédents
http://www.journaldelenvironnement.net/article/chlordecone-un-lien-avec-le-cancer-de-la-prostate,17806
http://www.journaldelenvironnement.net/article/chlordecone-aux-antilles-un-bilan-des-risques-sanitaires,21506
 


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