Pas d’excès de leucémies autour des centrales nucléaires

Le 09 mai 2011 par Geneviève De Lacour
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Leucémie et centrales nucléaires, les soupçons seraient-ils levés?

Une étude réalisée par le Comité consultatif du gouvernement britannique sur l’aspect médical des radiations dans l’environnement (Comare) vient d’être publiée. Dans son 14e rapport, ce comité a réexaminé tous les cas de leucémie des enfants de moins de 5 ans autour de 13 des 19 réacteurs nucléaires que compte la Grande-Bretagne.
 
La demande d’étude, qui date de l’année dernière, provient du ministère de la santé et des autorités compétentes. Elle répond à l’ambitieux programme du gouvernement britannique qui veut renouveler son parc de centrales nucléaires.
Selon l’étude, le fait de vivre à proximité d’une centrale nucléaire n’augmente pas les risques pour les enfants de développer une leucémie. L’étude est l’une des plus détaillées jamais réalisées, d’après un article de la revue Nature publiée le 6 mai dernier.
 
Depuis longtemps, les centrales nucléaires sont accusées d’émettre dans l’environnement de faibles radiations causant des cancers chez les enfants. En 1989, une étude avait constaté une augmentation de l'incidence de la leucémie et du lymphome parmi les jeunes à proximité de la centrale de Hinckley Point.
 
Malgré l’absence de preuves, les inquiétudes des populations persistent.
«Il n’existe pas de lien significatif entre leucémie et proximité d’une centrale nucléaire» déclare Alex Elliott, à la tête du comité d’experts Comare. Environ 500 enfants sont diagnostiqués avec une leucémie en Grande Bretagne chaque année. Et sur une période de 35 ans, seuls 20 cas d’enfants malades de moins de 5 ans ont été localisés à moins de 5 kilomètres d’une centrale nucléaire.
 
Mais,Alex Elliott l’admet, «il est très difficile d’étudier cette relation de manière statistique», à cause du très petit nombre de cas. En matière de leucémie, «on sait que la maladie est corrélée à des facteurs de statuts socioéconomiques et de densité de population».
Steve Wing, un épidémiologiste de l’université de Caroline du Nord, considère quant à lui que ces études ne sont généralement pas calibrées de manière adaptée pour prendre en compte l’effet des faibles doses de radiations auxquelles les populations peuvent être exposées autour des centrales.
 
Une autre hypothèse a été développée par l’épidémiologiste d’Oxford Leo Kinlan: les cas de leucémie seraient provoqués par un agent infectieux, un virus. Les centrales nucléaires et les bases militaires sont plus vulnérables à ce genre d’agent en raison du fort renouvellement des travailleurs sur ces sites, les populations transportant avec elles ces micro-organismes. 
Enfin le rapport précise qu’il existe deux foyers de la maladie près de Sellafield et Dounreay, mais ces deux structures sont des usines de retraitement et non des centrales. Le prochain rapport Comare devrait donc se pencher sur les cas mis en évidence autour de ces deux installations.
 


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