Pas d'environnement au programme de Jean-Claude Juncker

Le 17 juillet 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La lutte contre le chômage écrase le reste.
La lutte contre le chômage écrase le reste.
DR

L’environnement n’est clairement pas une priorité pour le nouveau président de la Commission européenne. Ses trucs à lui sont les infrastructures énergétiques, la réforme de la législation OGM et le futur accord de libre-échange avec les états-Unis.

C’est très confortablement que Jean-Claude Juncker a été élu, mardi 15 juillet, à la présidence de la Commission européenne. Le suspens n’était pas de la partie: le parti populaire européenne (PPE, rassemblement des partis conservateurs des pays de l’Union européenne) ayant emporté la majorité des sièges au Parlement européen. Les surprises étaient plutôt à attendre dans le discours, prononcé le même jour par l’ancien Premier ministre luxembourgeois.

Son programme, a-t-il indiqué, «sera axé sur 10 domaines»; les autres étant clairement de la responsabilité des niveaux national, régional ou local, «conformément aux principes de la subsidiarités et de la proportionnalité».

Pour s’attirer le maximum de suffrages, le candidat du PPE a balayé large. Dans ses 10 domaines de prédilection, on trouve «un nouvel élan pour l’emploi», le marché unique du numérique, une union monétaire approfondie, un espace de justice et de droits fondamentaux, une nouvelle politique migratoire, etc.

Renouvelables et infrastructures

C’est dit clairement, la préservation de l’environnement ou de la biodiversité, la lutte contre le changement climatique ou pour une meilleure qualité de l’air, le contrôle des organismes génétiquement modifiés ou des perturbateurs endocriniens ne sont pas des priorités pour Jean-Claude Juncker. Ce qui ne signifie pas qu’il s’en désintéressera pour autant.

Prenez la politique énergétique. Pour relancer son industrie et réduire sa dépendance énergétique, le successeur de Jose Manuel Barroso entend que l’Europe «devienne le numéro un mondial des énergies renouvelables». Toujours dans le même cadre, les 28 devront s’accorder sur leur paquet Energie-Climat 2030 avant la fin 2015[1] et se fixer un objectif contraignant d’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments. Ça n’était pas acquis.

Efficacité énergétique

Rooseveltien en diable, Jean-Claude Juncker estime que l’UE devrait pouvoir «mobiliser jusqu’à 300 milliards d’euros supplémentaires d’investissements publics et privés dans l’économie réelle au cours des trois prochaines années». Ces investissements, a-t-il poursuivi, devront être tournés vers les infrastructures de transport et d’énergie, mais aussi les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Donnant des gages à la gauche et aux écologistes, le nouveau patron de la Commission entend poursuivre les négociations avec les états-Unis «pour un accord de libre-échange raisonnable et équilibré». Sur mettant dans les pas de Barack Obama, Jean-Claude Juncker affirme qu’un tel accord ne sacrifiera pas «sur l’autel du libre-échange les normes européennes de sécurité, de santé, les normes sociales, les normes de protection de données ou notre diversité culturelle».

Last but not least, Jean-Claude Juncker entend revoir la législation encadrant les OGM: «Je ne considère pas normal qu’en vertu des règles actuelles, la Commission soit juridiquement forcée d’autoriser l’importation et la transformation de nouveaux organismes même lorsqu’une majorité claire d’Etats membres s’y opposent».

 



[1] Le délai fixé par la Commission Barroso court jusqu’à octobre prochain.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus