Pas d’argent vert pour Crédit agricole et HSBC

Le 07 mars 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Peut-on financer l'industrie du charbon et gérer l'argent du Fonds vert climatique ?
Peut-on financer l'industrie du charbon et gérer l'argent du Fonds vert climatique ?
RWE

Plus de 170 ONG refusent que les deux banques puissent gérer l'argent du Fonds vert climatique.

Le Fonds vert climatique (FVC) connaît son premier coup de tabac. Pas moins de 172 ONG appellent à refuser l’accréditation à l’institution onusienne de deux banques: le Crédit agricole et HSBC. Cette accréditation est indispensable pour gérer des fonds collectés par le Fonds vert.

Les griefs recensés dans une note, mise en ligne ce lundi 7 mars, sont nombreux. En vrac, les associations reprochent à la banque britannique d’avoir aidé nombre de ses riches clients à masquer leurs avoirs au fisc ou d’avoir participé à la manipulation des taux d’intérêt sur le Libor et l’Euribor.

Mais le plus grave n’est pas là. HSBC et le Crédit agricole comptent parmi les banques qui soutiennent le plus le secteur charbonnier, estiment les ONG. Entre 2005 et avril 2014, les deux établissements auraient accordé plus de 16 milliards de dollars (14,6 Md€) de crédit à l’industrie mondiale du charbon. Le même genre de reproche avait été formulé cet été par Bank Track à l’encontre de la Deutsche Bank.

Un fonds en manque de projets

Pour sa défense, la banque française a annoncé, en mai 2015, la fin de tout soutien financier à l’extraction du charbon. L’ex-banque verte n’a pas renoncé, en revanche, à commercer avec des électriciens consommant du charbon. Quelques jours plus tôt, 8 banques, dont HSBC, s’étaient engagées à ne pas participer au financement du port charbonnier australien d'Abbot Point.

Opérationnel depuis le début de l’année, le FVC a pour vocation d’aider au financement de l’adaptation aux conséquences du changement climatique des pays les plus vulnérables, via des contributions volontaires versées par une quarantaine de pays riches. Basé à Songdo (Corée du Sud), le Fonds a déjà reçu pour 10 Md$ (9,1 Md€) de promesses pour la période 2015-2018. Un argent qui, faute de projets en nombre suffisant, peine à trouver un usage. Raison pour laquelle, rappelle Euractiv, le fonds finance lui-même le montage de projets éligibles à ses propres programmes.

Pour ne rien arranger, Hela Cheikhrouhou, la directrice exécutive du FVC, a annoncé mi-février qu’elle ne solliciterait pas un nouveau mandat. La banquière tunisienne laissera donc la place en septembre prochain.

 



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