Pas d’amendement HFC au protocole de Montréal

Le 25 novembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'Unesco, à Paris, a abrité les tractations de la 26e COP.
L'Unesco, à Paris, a abrité les tractations de la 26e COP.
Unesco

Ségolène Royal n’aura pas suffi. Lundi 17 novembre, lors de l’ouverture de la 26e conférence des parties (COP 26) au protocole de Montréal, la ministre de l’écologie avait appelé à l’adoption d’un amendement afin d’interdire production et consommation des hydrofluorocarbures (HFC).

Utilisés comme fluides réfrigérants et propulseurs dans les bombes à aérosol, les HFC ne nuisent pas à la couche d’ozone (objet du protocole de Montréal). En revanche, ces substances comptent parmi les gaz à effet de serre les plus puissants qui soient. Sur un siècle, leur potentiel de réchauffement global est de 140 à 11.700 fois supérieur à celui du CO2.

Les plus puissants des GES

Les 500.000 tonnes de HFC relâchées chaque année dans le monde équivalent donc à l’émission de près de 1 milliard de tonnes équivalent CO2 (MdteqCO2). Au rythme actuel de croissance des émissions (4%/an), le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) estime que l’empreinte carbone des HFC pourrait atteindre jusqu’à 9 MdteqCO2 en 2050.

Sous l’impulsion de Washington, le sujet a été installé en tête de l’agenda des diplomates. Depuis plusieurs années, les Etats-Unis tentent de faire adopter un amendement au protocole de Montréal, pour interdire les HFC entre 2016 et 2050. Avec l’aide de l’Union européenne, de la France, de la Chine, de l’Inde et de nombreux Etats îliens (Maldives, Micronésie), Washington a tenté la semaine passée d’obtenir la création d’un groupe de contact afin d’examiner et d’évaluer les modalités d’adoption d’un tel amendement.

Ligue arabe

Sans succès. Menés par l’Arabie Saoudite, le Pakistan, Bahraïn et l’Irak, la plupart des pays arabes ont rejeté la proposition, qui ne peut être adoptée que par consensus. Deux raisons à cette décision. Le Koweït, la Tunisie et l’Arabie estiment que la lutte contre les changements climatiques relève de la convention de Rio sur le climat (CNUCC) et non de la convention de Vienne sur la couche d’ozone. D’autres pays tirent prétexte du manque de substitut aux HFC, notamment pour la climatisation. Certains observateurs estiment que ces diplomates bloquent la négociation sur les HFC pour obtenir plus de contreparties lors des sommets sur le climat, à Lima et Paris.

Les discussions vont donc reprendre, d’abord à Genève en juillet prochain, puis lors de la  COP 27, qui se déroulera à Dubaï en novembre 2015. Un timing qui rend peu probable l’annonce de la fin des HFC avant la COP 21, la climatique.



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