Pas d’amélioration notable de la qualité de l’air en 2008

Le 30 juillet 2009 par Sonia Pignet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
actu280701
actu280701

Chantal Jouanno et Philippe Van de Maele, président de l’Ademe, ont présenté hier le bilan de l’année 2008 sur la qualité de l’air. Les niveaux de pollution se situent dans la continuité des observations des années précédentes, avec toujours deux points noirs: les particules et le dioxyde d’azote.

Le faible ensoleillement de l’été 2008 aura au moins eu un avantage: les concentrations en ozone ont été moins élevées qu’en 2007. Cette observation confirme la tendance à la baisse amorcée en 2006, mais les nivaux de fond restent toutefois supérieurs à ceux constatés au début des années 90. Egalement en baisse, le benzène, particulièrement en site trafic, où le flot de véhicules est le plus important. Une diminution qui s’explique en partie par la limitation du taux de benzène dans l’essence, suite à une réglementation européenne mise en application en janvier 2000. Cependant, si l’ensemble des moyennes annuelles est inférieur à la valeur limite de 7 microgrammes par mètre cube (µg/m3), certains sites à proximité d’industries risquent de dépasser la valeur limite en 2010 fixée à 5 µg/m3. Enfin, du côté des bonnes nouvelles, les concentrations en dioxyde de soufre ont elles aussi diminué en 2008, et l’objectif de qualité (50 µg/m3 en moyenne) est respecté sur l’ensemble des sites de mesure. Quelques dépassements de valeur limite en moyenne horaire et en moyenne journalière ont par contre été constatés à proximité de sites industriels, «de courte durée, mais de forte intensité», indique le rapport.

«Les points de vigilance», comme les a qualifiés Philippe Van de Maele, concernent les oxydes d’azote (Nox) et les particules. Pour les premiers, et spécialement le dioxyde d’azote, l’Ademe a constaté «une baisse régulière mais légère». En milieux urbains, la valeur limite annuelle (44 µg/m3) est respectée partout; en revanche, celle qu’il faudra respecter en 2010 (40 µg/m3) a été dépassée à Paris et Toulon. En milieu rural, une légère augmentation est observée. Quant aux sites trafic, la moyenne annuelle des concentrations observées est trop élevée dans une vingtaine d’agglomérations, avec 47 µg/m3 au lieu de 44, la limite fixée. Pour Philippe Van de Maele, ces mauvais résultats s’expliquent en partie par un renouvellement trop lent du parc automobile. «Sur les 30 millions de voitures, environ 1 million est renouvelé chaque année», a-t-il précisé. Chantal Jouanno a indiqué vouloir expérimenter 5 ou 10 zones «zéro émission». L’Ademe a également insisté sur la nécessité de ne pas considérer seulement l’aspect transport, mais d’interpeller aussi les secteurs industriels et agricoles. L’ammoniac dans l’air, dû aux élevages et cultures intensifs, est en effet une source de Nox.

Enfin, l’indicateur le plus attendu: les particules, mises en cause dans 5% des décès annuels en France. Plusieurs sites dépassent la valeur limite annuelle (40 µg/m3) fixée pour les PM10 (de diamètre inférieur à 10 micromètres -µm), essentiellement en sites trafic à Paris, Lyon et Grenoble, et une vingtaine d’agglomérations affichent là aussi des dépassements des valeurs limites journalières (50 µg/m3). Les observations réalisées lors du premier semestre 2009 laissent penser que cette année pourrait enregistrer des dépassements encore plus nombreux qu’en 2008. Les PM2,5 ont pour la première fois fait l’objet d’une surveillance, grâce à une soixantaine de stations de mesure (contre environ 750 pour les autres polluants). Pour l’instant non réglementées, une directive européenne fixe à 25 µg/m3 la valeur limite en moyenne annuelle à ne pas dépasser à compter du 1er janvier 2015, et une valeur cible identique à partir du 1er janvier 2010. A cette même date, le Grenelle de l’environnement a déterminé un objectif de 15 µg/m3 en moyenne annuelle, à atteindre où cela est possible, et devenant valeur limite en 2015. Les mesures réalisées en 2008 indiquent que 28 zones de mesure dépassaient la valeur but du Grenelle.

Les pics de pollution aux particules sont tout particulièrement observés durant l’hiver. «70% des particules proviennent de l’industrie et de l’habitat tertiaire», a souligné la secrétaire d’Etat Chantal Jouanno. Elle a indiqué que les dispositifs de chauffage au bois, plébiscités par le Grenelle mais fortement émetteurs, feront l’objet de mesures dans le plan Particules qui sera présenté à la rentrée. «Il faut un crédit d’impôt pour le renouvellement des chaudières à bois des particuliers», a-t-elle souligné. Un label «flamme verte» est également à l’étude pour l’énergie bois.

Dans un communiqué, le Meeddm rappelle que «le niveau d’émissions polluantes entraine en France une diminution de l’espérance de vie de 9,3 mois». Pour Chantal Jouanno, la qualité de l’air est un sujet stratégique qui devient un enjeu sanitaire majeur (notamment à cause du vieillissement de la population, et donc de l’augmentation du nombre de personnes fragiles). Elle a insisté sur la nécessité de trouver des compromis entre politique de réduction des gaz à effet de serre et politique d’amélioration de la qualité de l’air, parfois antagonistes (1), par exemple dans le cas des bâtiments basse consommation.

(1) Dans le JDLE: Pollution de l’air et climat: des politiques parfois antagonistes


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus