Pas d’agriculture durable sans changement alimentaire

Le 06 juillet 2016 par Romain Loury
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Situation compliquée pour l'Afrique
Situation compliquée pour l'Afrique

Si les Terriens ne modifient pas radicalement leur régime alimentaire, l’agriculture de 2050 ne pourra garantir ni sécurité alimentaire ni protection de l’environnement, confirme une grande étude publiée fin juin par l’Inra et le Cirad[i].



[i] Inra: Institut national de la recherche agronomique. Cirad: Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.

 

La situation alimentaire du XXIème siècle s’annonce compliquée: face à une demande en forte hausse (croissance démographique, occidentalisation de l’alimentation dans les pays émergents), l’offre aura du mal à tenir la route. En cause, le réchauffement climatique -conséquence de, et menace pour, l’agriculture-, la déforestation par besoin de nouvelles terres, la baisse des ressources en eau, etc.

Dans leur étude Agrimonde-Terra, la deuxième après celle de 2009, l’Inra et le Cirad ont évalué cinq scénarios d’évolution de l’agriculture d’ici 2050, et leurs conséquences pour la sécurité alimentaire et l’environnement. Et c’est sans surprise un scénario de rupture, celui dénommé «sain», qui l’emporte, aussi bien contre la malnutrition que contre la déforestation.

Ce cas de figure suppose «que le coût de la malnutrition entraînera une transition vers des régimes alimentaires sains, instillée par la coopération mondiale et les politiques publiques, dans un contexte de stabilisation du changement climatique et de reconfiguration des systèmes agricoles», expliquent l’Inra et le Cirad.

Dans le meilleur des cas, le scénario «sain» pourrait limiter la hausse des surfaces agricoles à 0,6% d’ici 2050 (contre 27% dans le scénario tendanciel le moins favorable), et sa surface forestière pourrait diminuer de seulement 1,5% (contre 32%). Dans ces situations idéales, l’Union européenne ne connaîtrait pas d’évolution majeure par rapport à la situation actuelle. Sujette à une forte croissance démographique, l’Afrique verrait tout de même sa surface agricole s’envoler.

Moins de viande, plus de légumes

Ce scénario, qui «implique une consommation accrue de céréales, de légumineuses, de fruits et de légumes, et une limitation des produits animaux et ultra-transformés», «nécessiterait néanmoins des politiques nutritionnelles fortes et concertées au niveau mondial, ainsi que des politiques agricoles garantissant une intensification durable des productions végétales et animales», ajoutent-ils.

Quel que soit le scénario, les chercheurs estiment que le commerce international sera essentiel pour garantir la sécurité alimentaire. Plusieurs régions s’acheminent vers une situation encore plus compliquée, notamment du fait du réchauffement: l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient (dont la dépendance aux importations est déjà la plus forte au monde), l’Afrique subsaharienne et l’Inde.



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