Parlez-vous Giec?

Le 22 avril 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Giec et sa terminologie obligatoire.
Giec et sa terminologie obligatoire.
Giec

Ceux qui se jettent pour la première fois dans un rapport du Giec[1] ont toujours le même sentiment: c’est une novlangue! Et la sensation est particulièrement forte à la lecture d’articles évoquant des sujets riches en incertitude (hiatus climatique, élévation des températures, etc.). En pareil cas, point de littérature possible, l’exercice est parfaitement codifié. Selon les règles du Giec, les auteurs ont à leur disposition 5 qualificatifs pour exprimer le «degré de confiance» d’un résultat d’étude: «très faible», «faible», «moyen», «élevé» et «très élevé».

Dans les fameux «résumés pour décideurs», c’est encore pire: les rapporteurs ne doivent utiliser que certains termes pour indiquer la probabilité d’un résultat: «pratiquement certain» (probabilité de 99-100%), «très probable» (90-100%), «probable» (66-100%), «à peu près aussi probable qu’improbable» (33-66%), «improbable» (0-33%), «très improbable» (0-10%).

Le conseil des pshychologues

Pas étonnant que les rares non-spécialistes qui se coltinent les milliers de pages des trois tomes de chaque rapport d’évaluation souffrent parfois de violentes céphalées. Reste à savoir comment se passe la digestion? Menés par David Budescu (université Fordham, New York), 4 psychologues ont interrogé plus de 10.000 personnes dans 24 pays, maniant 17 langues. Au moyen de questionnaires, les scientifiques ont évalué leur niveau de compréhension de la terminologie Giec. Comme l’on pouvait s’y attendre, il va falloir revoir le jargon. Car la plupart des personnes interrogées n’entendent pas les expressions Giec de la même façon que l’institution onusienne. «C’est particulièrement vrai pour les expressions ’très improbable‘ et ’très probable’», soulignent les chercheurs dans leur article, mis en ligne par Nature Climate Change.

Bien sûr, ces résultats évoluent selon le degré de connaissance en sciences du climat de chacun et les langues pratiquées par les membres du panel. Pour autant, les psychologues préconisent de changer de méthode et de présenter l’évaluation des risques selon une méthode verbale-numérique, laquelle diminue sensiblement, estiment-ils, les possibilités d’interprétation. Et après, on change la maquette des rapports?



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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