Paris veut barrer la route au diesel d’ici à 2020

Le 09 décembre 2014 par Stéphanie Senet
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Un système de pastilles ou de puces permettrait d'identifier les véhicules les plus polluants
Un système de pastilles ou de puces permettrait d'identifier les véhicules les plus polluants

Présenté le 9 février prochain, le nouveau plan parisien contre la pollution atmosphérique doit enfin viser les véhicules diesel. Mais la marge de manœuvre de la municipalité s’avère très réduite sans le concours de l’Etat.

Dévoilé dans ses grandes lignes le 7 décembre, dans un entretien accordé par la maire de Paris Anne Hidalgo au JDD, le futur plan anti-pollution s’appuie sur une mesure-phare: restreindre l’accès de la capitale aux véhicules diesel d’ici 2020. Ceux-ci sont en effet responsables des fortes concentrations d’oxydes d’azote et de particules fines PM10, qui dépassent régulièrement le plafond fixé par la directive européenne sur la qualité de l’air (50 microgrammes par mètre cube en moyenne journalière pour les PM10). Sur la station de l’autoroute A1, ce seuil a été dépassé 40 fois en seulement 3 mois (entre le 1er janvier et le 1er avril 2014), alors que Bruxelles n’autorise pas plus de 35 dépassements par an. La station de la porte d’Auteuil, à Paris, affiche aussi plus de 100 dépassements chaque année.

 

Une mesure conjointe avec la préfecture de police

Question: la municipalité peut-elle agir seule pour interdire les moteurs diesel? La réponse est non. Si la mairie dispose d’un pouvoir de police de la circulation routière, elle le partage avec le représentant de l’Etat pour les routes à grande circulation, selon l’article L 2213-1 du code général des collectivités territoriales (CGCT). La ville de Paris assure donc qu’elle est en mesure de prendre un arrêté conjoint avec la préfecture de police, au nom de la protection de l’environnement (en vertu de l’art. L 2213-2), ou de la qualité de l’air (art L 2213-4).

Pour mener à bien son projet, Anne Hidalgo devra donc obtenir le soutien de l’Etat et des communes limitrophes pour barrer la route au diesel «dans la capitale, au-delà du périphérique». Pour leur montrer la voie, elle suggère de créer des zones à ultra-basse émission dans les artères les plus passagères, comme la rue de Rivoli ou les Champs Elysées, de façon expérimentale dans un premier temps.

Les véhicules diesel seront progressivement bannis, mais des exceptions pourraient toucher les ménages les plus modestes, «autorisés à circuler pendant le week-end». Les contrôles routiers relevant eux aussi de l’Etat, Anne Hidalgo propose de les développer et d’utiliser les 4 portiques qui ont été installés sur le périphérique dans le cadre de l’éco-taxe.

 

Des zones 30, cyclables et semi-piétonnes

Autre idée: faire des 4 arrondissements centraux des zones semi-piétonnes, où tous les véhicules seront progressivement interdits. Seuls les vélos, bus, taxis, voitures de résidents, véhicules d’urgence et de livraison pourraient y circuler. Le réseau des pistes cyclables sera aussi doublé d’ici 2020, grâce à une enveloppe de 100 millions d’euros d’ici la fin de mandature.

Enfin, les zones 30 seront déployées et deviendront la norme. Pour que très vite, rouler au diesel ou à 50 kilomètres par heure ne soit plus qu’un vieux souvenir.

 

 

 

Ségolène Royal rallume les feux des cheminées franciliennes
La ministre de l’écologie a annoncé, ce 9 décembre sur France 2, qu’elle allait revenir sur l’interdiction des feux de cheminée à foyer ouvert, prévue à partir du 1er janvier 2015 à Paris et dans 435 communes limitrophes[1]. Une mesure fixée par un arrêté préfectoral du 25 mars 2013, prise en application du plan régional de protection de l’atmosphère, que Ségolène Royal juge «ridicule».
Selon Airparif, le chauffage au bois est susceptible d’émettre des polluants, surtout si la combustion du bois n’est pas correctement contrôlée (foyers ouverts) ou si le bois utilisé est mal adapté (bois mouillé, bois traité…). Hors des axes routiers, la pollution aux particules fines provient à 70% d’autres régions françaises, voire européennes. Mais dans les 30% restants, le trafic routier représente autant que le chauffage au bois résidentiel, soit 7 à 8% des particules fines respirées (et non émises). A proximité d’une voie de circulation, en revanche, 60% des particules respirées sont émises localement, et à 44% issues du trafic routier.
France Nature Environnement, qui juge que «cette pollution n’est pas à négliger», propose d’aider les familles à s’équiper d’un insert via une aide de 1.000 €, plutôt que de prononcer une interdiction «très difficile à faire respecter».

 

 



[1] A Paris, l’interdiction vise plus largement tout foyer de combustion au bois

 



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