Paris lance l’acte II de son plan pour la qualité de l’air

Le 17 juin 2016 par Stéphanie Senet
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Pas d'éclaircies en vue
Pas d'éclaircies en vue

Huit jours après la région Ile-de-France, la mairie de Paris a détaillé, ce 17 juin, les prochaines étapes de son plan contre les véhicules les plus polluants, qui vise à éradiquer in fine le diesel de la capitale en 2020.

Toujours pas de mesures choc dans la capitale mais «un plan d’action progressif et pédagogique», a résumé Christophe Najdovski, adjoint à la mairie de Paris en charge des transports, lors d’une conférence de presse.

Un an après les poids lourds, autobus et autocars mis en circulation avant le 1er octobre 2001, la liste des véhicules jugés trop polluants s’allonge. L’acte II du plan parisien vise cette fois-ci les voitures particulières et les utilitaires légers antérieurs à la norme Euro 2[1] ainsi que les deux roues non motorisés non classés[2]. Tous seront bannis des rues de Paris, sauf périphérique, du lundi au vendredi de 8h à 20h, dès le 1er juillet. A noter que les poids lourds, autobus et autocars interdits depuis l’an dernier, le restent de façon permanente, y compris le soir et le week-end.

 

0,01% des véhicules

 

Il n’est pas garanti que la mesure infléchisse la courbe des concentrations de particules fines et de dioxyde d’azote relevées dans l’atmosphère. «Environ 10.000 véhicules seront concernés en juillet», a calculé l’adjoint aux transports, en se basant sur l’enquête Plaques menée par la ville en 2011 dans le cadre du projet d’expérimentation d’une Zapa[3]. Dans l’absolu, cela représente 4.000 voitures, 1.300 utilitaires, 3.700 motos et scooters et 1.400 poids lourds. Mais c’est seulement 0,01% du flot quotidien (600.000 véhicules). Selon Airparif, le trafic routier parisien est responsable de 66% des émissions de dioxyde d’azote et 55% des émissions de particules PM2,5.

 

Prochaine étape en juillet 2017

 

«Si nous avions ciblé un tiers des véhicules, on nous aurait accuser de porter atteinte à la liberté de circulation. C’est pourquoi nous avons élaboré un plan progressif», se défend Christophe Najdovski. Rendez-vous pour la prochaine étape, donc, au 1er juillet 2017. Seront alors interdits les voitures diesel et les utilitaires légers antérieurs à la norme Euro 3[4] et les poids lourds d’avant la norme Euro 4[5]. Bilan: 17.000 véhicules supplémentaires vont disparaître en semaine, soit 27.000 véhicules au total. Les prochaines étapes, d’ores et déjà fixées à 2018 et 2020, n’ont pas été détaillées.

Le parc des véhicules municipaux n’est pas oublié. Après les berlines diesel en 2014, les fourgonnettes et engins de nettoiement roulant au gazole devraient progressivement être remplacés par des véhicules électriques, hybrides ou roulant au gaz naturel.

Jusqu’alors incompétentes pour limiter la circulation automobile, les villes sont autorisées à le faire depuis l’entrée en vigueur, en août 2015, de la loi sur la transition énergétique. Les collectivités locales peuvent désormais élaborer des zones à circulation restreinte (ZCR), l’équivalent des zones à basse émission déjà mises en œuvre dans 200 villes européennes, en particulier outre-Rhin.

 

35 euros d’amende

 

Côté sanctions, rien de très nouveau ni de très dissuasif. Les propriétaires de véhicules polluants décidant de passer outre la restriction pourront se voir infliger une amende de 35 euros, comme c’est le cas depuis le 1er septembre 2015. «Un nouveau décret du ministère de l’écologie devrait établir de nouvelles amendes à partir du 1er janvier 2017. Elles devraient s’élever à 68 € pour les voitures et 135 € pour les poids lourds», prévoit Christophe Najdovski. Un texte attendu de pied ferme par les collectivités, tout comme le décret Crit’Air, annoncé comme imminent depuis plusieurs semaines, qui doit officialiser le lancement des 6 vignettes dans l’Hexagone.

 

35% d’enfants allergiques

 

Sur le plan sanitaire, «les conséquences de la pollution de l’air ne cessent de s’accroître», s’alarme de son côté Bernard Jomier, adjoint à la maire de Paris en charge de la santé. Deux chiffres parmi tant d’autres: le taux de prévalence de l’asthme chez les enfants a dépassé 15% dans la capitale. Quant aux bambins allergiques, on en compte 35% à Paris aujourd’hui (de façon quotidienne et non saisonnière) et il pourrait y en avoir 50% dans 20 ans à cause de la pollution atmosphérique.



[1] Ce sont les véhicules particuliers immatriculés avant le 1er janvier 1997 et les utilitaires légers d’avant le 1er octobre 1997.

[2] mis en service avant le 1er juin 1999

[3] Zone d’action prioritaire pour l’air

[4] mis en service avant le 1er janvier 2001

[5] immatriculés avant le 1er octobre 2006

 



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