Paris: berges à haute tension

Le 13 janvier 2012 par Stéphanie Senet
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Le projet de réaménagement des berges de la Seine a du plomb dans l’aile. Le Premier ministre, François Fillon, a déclaré le 12 janvier que l’Etat, propriétaire du site de la rive gauche, n’apporterait pas sa caution, en raison de manquements et de défauts dans le dossier.

 
Porté par la municipalité (PS), ce projet représente un signe fort en faveur des piétons, en leur rendant 2,5 kilomètres de quais sur la rive gauche de la Seine (entre le pont de l’Alma et le pont Royal) dès la mi-2012.
 
«Dans l'immédiat, je vous informe que l'Etat n'entend pas signer de convention avec la ville de Paris, ou prendre toute décision relative aux travaux préparatoires prévisionnels», écrit le Premier ministre, dans un courrier à Bertrand Delanoë.
 
Le maire de Paris a aussitôt réagi à cette annonce, en déclarant, dans un communiqué: «Ce diktat du gouvernement est inacceptable dans sa méthode, son contenu et son principe».
 
Pour Bertrand Delanoë, la réponse du gouvernement intervient trop tard, après trois ans de travail et de concertation avec les Parisiens, les élus et les services de l’Etat. Il rappelle que le commissaire-enquêteur a d’ailleurs donné un avis favorable au projet et que toutes ses réserves ont été prises en compte. Parmi elles: la réversibilité des aménagements et la nécessité de préserver l’activité portuaire.
 
François Fillon, qui s’inquiète pour les automobilistes, a demandé une étude sur les reports de circulation. «Celle-ci a été fournie à l’Etat en octobre 2010, complétée en avril 2011, a donné lieu à une expertise contradictoire avec les services de la préfecture de police de Paris et a été validée par les services du ministère de l’équipement en juin 2011», rétorque le maire de Paris.
 
Enfin, Bertrand Delanoë juge l’acte du Premier ministre partisan, François Fillon se présentant en effet aux législatives, en juin prochain à Paris. La droite s’oppose en effet à ce réaménagement, en particulier à cause de son impact sur la circulation.
 
Le gouvernement réalise donc un coup de force puisque le site appartient à l’Etat, via le Port autonome de Paris.
 
Le président du groupe UMP au Conseil de Paris, Jean-François Lamour, vif partisan d'une candidature Fillon pour les municipales de 2014 à Paris, s'est immédiatement réjoui de la décision.
 
La maire du VIIe arrondissement, Rachida Dati, s'est pour sa part «félicité» de cette «suspension» qui «conduira au réexamen de ce projet dans le cadre plus adapté du Grand Paris».
 
Denis Baupin, adjoint au maire EELV chargé de l'environnement, a quant à lui déploré «un réflexe jacobin et technocratique».


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