Paris abonné aux canicules d’ici à 2100

Le 02 juillet 2015 par Stéphanie Senet
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Au programme: 10 à 25 jours de vigilance Canicule par an
Au programme: 10 à 25 jours de vigilance Canicule par an

Alors que l’épisode de canicule va se poursuivre jusqu’au 10 juillet sur une majeure partie de l’Hexagone, les climatologues de Météo France ont précisé ce 2 juillet leurs projections climatiques à l’échelle de la capitale d’ici à 2100.

 

S’il était connu que la température allait grimper en moyenne de 2 à 4 degrés,[1] les chercheurs ont détaillé ce 2 juillet un paysage climatique familier du stress thermique. Les températures moyennes augmenteront, tant à cause de la hausse des minimales (+1,1 à 3,8°C) que de la hausse des maximales (+1,3 à 4,3°C).

 

«Autre certitude, le nombre de jours chauds (plus de 25°C), très chauds (plus de 30°C) et extrêmement chauds (plus de 35 °C) augmentera à Paris», détaille le climatologue Julien Desplat. Le nombre de vigilances Canicule atteindra 10 à 25 jours par an, contre un seul jour par an actuellement, en moyenne. Ces phénomènes toucheront davantage les zones urbaines que périphériques. Les épisodes de sécheresse progresseront tout autant.

 

Le froid en déclin

Au contraire, le nombre de jours froids et de vagues de froid diminuera. Au chapitre des incertitudes, les projections des climatologues n’apportent pas de réponse claire sur l’évolution des tempêtes, des orages ou des inondations de la Seine. «Il y a une zone d’ombre en matière de précipitations, mais il devrait y avoir une légère hausse en hiver et une baisse plus marquée en été», poursuit Julien Desplat.

 

Ilot de chaleur urbain

A ces conséquences du changement climatique s’ajoute à Paris, comme dans toute agglomération, le phénomène d’îlot de chaleur urbain, qui accroît la température en ville de 2 à 3°C (en moyenne annuelle) par rapport aux zones rurales alentour. Pendant la canicule de 2003, cet écart a même grimpé jusqu’à 8°C.

 

Une réaction politique adaptée

Météo France a aussi envisagé l’hypothèse d’une forte réaction politique (scénario ambitieux du Giec[2] RCP 2.6). Dans ce cas, les projections indiquent une hausse limitée des vagues de chaleur dans la capitale d’ici la fin du siècle.
 

Paris verdi, arrosé et blanchi


Selon les conclusions du projet Epicea[3], qui évalue les stratégies parisiennes anti-canicule, de bons résultats sont attendus d’un scénario combinant matériaux réfléchissants, verdissement en pleine terre et humidification des chaussées. «Un Paris verdi, arrosé et blanchi permettrait de réduire de 2 degrés l’intensité de l’îlot de chaleur urbain en période de canicule», résume Julien Desplat. Des baisses maximales de 6 degrés pourraient même être atteintes grâce à la création d’îlots de fraîcheur.

C’est le projet Vurca[4] qui a précisé l’efficacité des mesures prises. Selon ses simulations, la combinaison de trois mesures –création de vastes espaces verts, stricte réglementation en matière d’isolation et de matériaux réfléchissants sur les murs et les toits et usage modéré de la climatisation[5]- permettrait de diminuer par deux la consommation d’énergie liée à la climatisation. Autre victoire: une heure en moins passée en conditions de fort stress thermique dans les rues. Ce qui est loin d’être négligeable en période de canicule.



[1] Sur la période 2071-2100 par rapport à la période 1981-2010

[2] Giec: Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat

[3] Etude pluridisciplinaire des impacts du changement climatique à l’échelle de l’agglomération parisienne

[4] Vulnérabilité urbaine aux épisodes caniculaires et stratégies d’adaptation

[5] 28°C dans les logements et 26°C dans les bureaux au lieu de 23°C

 



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