Parc éolien offshore des Deux Côtes : débat public en cours

Le 04 juin 2010 par Célia Fontaine
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L’Europe possède des zones adaptées au développement de l’éolien en mer. En Allemagne, au Danemark, ou encore au Royaume-Uni, l’éolien en mer est déjà une réalité.

La France n’a pas encore de parc en mer opérationnel, mais le ministère en charge de l’environnement devrait bientôt lancer un appel d’offres pour permettre à l’activité de démarrer. En juin 2009, le ministre avait donné instruction aux préfets de région et préfets maritimes de déterminer les zones susceptibles d’accueillir des éoliennes en mer. Il s’agissait d’écarter les zones « rouges » comme les zones militaires, celles d’activité d’extraction des granulats marins, les zones de pêche, les couloirs de navigation et autres espaces couverts par Natura 2000. « Avant le lancement de l’appel d’offres, les pêcheurs notamment seront consultés : il leur sera demandé d’indiquer les mesures qui, selon eux, permettraient de compenser les pertes induites en pêche par les éoliennes offshore » indique François Hamet, secrétaire général aux affaires régionales de la préfecture de la Seine-Maritime.

La Compagnie du vent, filiale de GdF-Suez, propose un projet de parc éolien « des Deux côtes » au large de la Somme et de la Seine-Maritime. Le débat public se tient depuis le 28 avril et se prolongera jusqu’au 10 septembre prochain.

Le maître d’ouvrage privilégie le projet dit « large » : implanter 140 éoliennes de 5 mégawatts (MW) chacune pour une puissance totale de 700 MW à 14 kilomètres au large des côtes du Tréport. Son coût : environ deux milliards d'euros. Ce parc produirait chaque année l’équivalent de la consommation électrique de plus de 900.000 personnes. « Il constituerait à lui seul 12 % de la puissance éolienne en mer à installer d’ici 2020 et 4 % des objectifs français de production d’électricité à partir de sources renouvelables », précise la Compagnie du vent. Rappelons que la France s’est engagée, lors du Grenelle de l’environnement, à porter d'ici 2020 à 23 % la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique nationale. Ce qui représente l’installation de 19.000 MW de puissance éolienne terrestre et 6.000 MW de puissance éolienne en mer.

 Parmi les avantages du projet figurent sa faible visibilité depuis les côtes, sa situation hors de la zone de pêche de la coquille Saint-Jacques, et près de 2.000 nouveaux emplois générés. Cependant, il est à parier que les pêcheurs de la zone (et pas seulement de coquilles Saint-Jacques !), les plaisanciers, voire la marine nationale, risquent de s’opposer farouchement au projet. Seront-ils indemnisés, compensés ?

En ce qui concerne les impacts environnementaux, la Compagnie du vent estime que le projet aurait un « impact limité » sur les milieux naturels. La localisation du parc, en dehors de toute zone protégée au titre de l’environnement, du paysage et du patrimoine, serait éloignée des principales zones de migration des oiseaux. Les phoques veaux-marins (Phoca vitulina), qui ne fréquentent pas la zone d’implantation, ne seraient a priori pas dérangés.

 Dans un délai de deux mois après la fin du débat public, la Commission particulière du débat public (CPDP, une autorité administrative indépendante) devra établir un compte rendu du débat. Sur cette base, le président de la Commission nationale du débat public (CNDP) rédigera le bilan du débat. Le maître d'ouvrage, dispose alors de trois mois pour indiquer la suite qu'il donne à son projet, en s'appuyant sur les enseignements du débat public : suspendre le projet, le valider ou le réaménager.



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