Parasite et insecticides : un cocktail mortel pour les abeilles

Le 12 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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Pourquoi autant d’abeilles disparaissent chaque année en Europe et en Amérique du Nord ? La question tourmente aussi bien les apiculteurs que les scientifiques.

A l’origine de cette hécatombe, les scientifiques suspectent la raréfaction de la nourriture en raison du changement climatique, l’intensification des cultures, la modification des paysages ou encore l’exposition des abeilles à différents produits phytosanitaires.

                                                                                                                                                                                                                         Certains agents pathogènes comme la varroase, les loques et la nosémose, ou encore certains prédateurs tels que le frelon asiatique sont également surveillés de près. De nombreuses données sur l’influence des stress nutritionnel, parasitaire et chimique sur la santé des abeilles ont ainsi été amassées mais aucun de ces facteurs n’a pu être isolé comme unique responsable du déclin des abeilles.
Selon un communiqué du CNRS publié le 7 juillet dernier, des scientifiques français ont réussi à montrer que des abeilles malades de la nosémose - une maladie des abeilles causée par un parasite unicellulaire (Nosema ceranae) - succombent à de très faibles doses de pesticides, bien en deçà des doses mortelles.
 
L’équipe de l’Inra d’Avignon et du Laboratoire microorganismes, génome et environnement de Clermont-Ferrand (CNRS/Université Blaise-Pascal) qui ont travaillé sur les abeilles domestiques (Apis mellifera) ont exposé de façon chronique des abeilles naissantes saines et d’autres contaminées par le parasite (Nosema ceranae) à de très faibles doses d’insecticides, soit plus de 100 fois inférieures aux doses létales.
 
Résultat, les abeilles exposées au parasite succombent aux insecticides. Les scientifiques ont employé deux familles d’insecticides différents, le fipronil et le thiaclopride, et obtenu exactement les mêmes résultats.
 
Pour l’instant le mécanisme mis en jeu lors de cette synergie n’est pas encore compris.
 
« Cette étude montre donc que l'interaction entre nosémose et insecticides constitue un risque significatif supplémentaire pour les populations d'abeilles et pourrait expliquer certains cas de surmortalité», explique le CNRS. Et de conclure : « Des doses d'insecticides considérées comme ne pouvant entraîner la mort expriment pourtant un potentiel toxique létal pour des organismes parasités et donc fragilisés ».
 


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