Paprec avale Coved

Le 06 avril 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Jean-Luc Petithuguenin préside désormais le 3e groupe du déchets français.
Jean-Luc Petithuguenin préside désormais le 3e groupe du déchets français.

Paprec accède au troisième rang du secteur français du déchet.

 

C’est fait! Quelques heures à peine après le feu vert donné par l’Autorité de la concurrence, Paprec s’offre effectivement la Coved, ex-filiale propreté du groupe Bouygues. L’opération n’est pas une surprise. Jean-Luc Petithuguenin, fondateur du groupe français de collecte et de recyclage de déchets, l’avait annoncée au début du mois de décembre dernier.

1,4 milliard de CA

Le nouvel ensemble accède au rang du plus petit des trois gros du déchet français ou du plus gros des petits, c’est selon. Sur la balance, le groupe affiche désormais un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros par an. Deux fois mieux qu’en 2015. Mais deux fois moins que chacun de ses deux principaux concurrents: Veolia et Sita.

225 M€ d’obligations vertes

Pour financer l’achat de la Coved, Jean-Luc Petithuguenin a eu recours à un dispositif encore peu usité : les obligations vertes. L’entreprise vient d’émettre 225 millions de Green Bonds. Dans ce domaine, Paprec est d’ailleurs une récidiviste. En 2015, elle avait été la première entreprise de taille intermédiaire (ETI) française à utiliser ce véhicule financier pour se financer. 480 M€ avaient été ainsi levés.

 

Sociétal. Jean-Luc Petithuguenin ne se désintéresse pas des sujets de société. En 2014, il est l'un des premiers patrons tricolores à imposer une charte de la laïcité, non sans succès. Aujourd'hui, c'est la tournure prise par l'élection présidentielle qui l'inquiète. Résultat: une lettre ouverte envoyée à ses salariés pour leur expliquer les dangers encourus par l'entreprise en cas de victoire frontiste: «Notre outil industriel est financé en euros par des banquiers ou des investisseurs qui exigeront le remboursement en euros. Si madame Le Pen envisage que le nouveau franc se dévalue de 25% par rapport à l'euro pour redonner de la compétitivité à l'économie française, elle augmentera en conséquence nos dettes de 25%.» Simple mais efficace.

 

Lourd pour une ETI, le rachat d’un concurrent est motivé par plusieurs facteurs. «Notre métier devient capitalistique, explique Jean-Luc Petithuguenin. Il y a quelques années, une chaîne de tri valait 1,5 M€. Aujourd’hui, il faut investir 20 M€. Désormais, la création de chaque emploi coûte 200.000 euros.»

Porté par les obligations de recyclage fixées par l’Europe, Paprec va donc consolider ses positions dans l’Hexagone. Et ses dirigeants ne sont pas fâchés d’avoir soufflé leur dernière acquisition au numéro 1 allemand, Remondis.

Solutions pour le PET opaque

Consolidation n’est pas synonyme d’immobilisme. Le groupe développe des solutions pour le recyclage de l’irrecyclable, et notamment les flacons en PET opaque. «A priori, il y a des solutions», commente, sobrement, Jean-Luc Petithuguenin. Avec la Coved, un peu en avance sur ce sujet, Paprec va aussi développer la valorisation énergétique du biogaz de décharge.

La suite? Tout dépend de l’horizon fixé. «A court terme, nous attendons de voir quelles seront les priorités environnementales du prochain gouvernement. A une échéance plus longue, deux à trois ans, nous n’excluons pas de nous développer à l’international», conclut le président-fondateur.



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