Panama augure mal de Durban

Le 10 octobre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Après une semaine de tractations à Panama City, les négociateurs du climat se sont séparés, vendredi 7 octobre, sur un constat d’échec.
 
Globalement, les lignes creusées depuis plusieurs mois (voire années) entre les principales forces en présence n’ont pas bougé. Les Etats-Unis demandent toujours à la Chine (premier émetteur mondial de CO2 avec 27% des rejets anthropiques) de prendre des engagements contraignants de réduction de son bilan carbone. Ce à quoi Beijing répond que Washington doit aussi faire et tenir ses promesses.
 
Les discussions portant sur l’avenir de la seconde période d’engagement du protocole de Kyoto (la première s’achève en 2012) ont, fort logiquement, achoppé. Les pays développés souhaitant que les émissions des pays émergents ou en développement soient prises en compte dans la version 2 dudit protocole. Ce que lesdits pays ne souhaitent pas. Par ailleurs, certains pays industrialisés (Japon, Canada, Russie) sont restés sur leurs positions initiales: ils ne signeront pas un Kyoto 2.
 
L'Union européenne est le seul gros émetteur ayant exprimé la volonté de restée liée par le protocole, mais les négociateurs de l'UE font valoir qu'il n'y a pas lieu de signer un nouvel accord qui ne concernerait que 15% des émissions mondiales de GES. «Pour combattre véritablement le réchauffement mondial, il faut que la totalité des émissions soient prises en compte», a déclaré lors d'une conférence de presse Tomasz Chruszczow, l'un des négociateurs européens à Panama.
 
Pour tenter d’assouplir la position des «émergents» et de leurs alliés, les pays industrialisés ont bloqué les discussions portant sur le fonds Vert: un fonds doté, en principe, de 100 milliards de dollars (73,45 milliards d’euros) par an dès 2020, et dont la vocation est de financer les actions d’adaptation et de réduction des émissions des pays en développement.
 
Qu’espérer du sommet climatique annuel qui se tiendra à Durban (Afrique du Sud) entre les 28 novembre et 9 décembre? Peu de choses, à dire vrai. «A Panama, on a progressé sur l’adaptation, les transferts de technologie et les registres d’émissions», constate Yvo de Boer, l’ancien secrétaire exécutif du secrétariat de la convention-cadre du changement climatique, aujourd’hui consultant chez KPMG.
 
Il est donc vain d’espérer un nouvel accord international qui succéderait au protocole de Kyoto. Un texte sur le financement à long terme des actions climatiques mondiales a été publié vendredi. Il pourrait servir de base de discussion aux débats sud-africains.
 
Comme le résume Maite Nkoana-Mashabane, la ministre sud-africaine des relations internationales, «la 17e conférence des Nations unies sur le climat ne sera pas un sommet facile». Un euphémisme.


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