Paludisme: les moustiques se rabattent sur le bétail

Le 17 janvier 2017 par Romain Loury
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Les anophèles changent de goûts alimentaires
Les anophèles changent de goûts alimentaires

En Inde, les moustiques anophèles sont de plus en plus attirés par les étables, où ils se nourrissent du sang du bétail. Probablement lié à la lutte contre anti-moustique, ce comportement jusqu’alors peu fréquent va compliquer la lutte contre le paludisme, révèle une étude publiée dans la revue Scientific Reports.

Jusqu’alors, on pensait que les moustiques vecteurs du paludisme, dont les anophèles, se nourrissaient exclusivement de sang humain. Or une étude menée dans l’Odisha, Etat de l’est de l’Inde et où l’on compte plus de la moitié des cas de paludisme du pays, révèle que nombre d’entre eux se sont pris d’appétit pour d’autres animaux, dont les bovins.

Des moustiques zoophiles

L’équipe de Matthew Thomas, entomologiste à la Pennsylvania State University, a étudié 1.774  Anopheles culicifacies et 169 Anopheles fluviatilis, les deux principaux vecteurs dans cette région de l’Inde. Pour la plupart piégés dans des étables, et non dans des habitations humaines, 37% des Anopheles culicifacies ne s’étaient repus de sang bovin, 20,6% que de sang humain et 42,4% d’un mélange des deux.

Selon les chercheurs, cette «zoophilie» inattendue est un phénomène nouveau, et pourrait s’expliquer par l’adaptation des moustiques aux moyens de contrôle du paludisme, tels qu’insecticides dans les habitations ou moustiquaires, absents des étables.

Une situation similaire a été observée dans plusieurs régions d’Afrique, où Anopheles gambiae, qui se nourrit exclusivement de sang humain, a progressivement été remplacé par Anopheles arabiensis, zoophile, suite à la généralisation des moustiquaires traitées aux insecticides.

Risque de prolifération

Certes, le parasite Plasmodium falciparum, agent du paludisme, ne peut être transmis aux bovins. Mais même sans être des réservoirs de la maladie, le bétail pourrait favoriser la prolifération du moustique, et donc le risque pour l’homme.

Alors que l’Inde, premier pays asiatique pour le nombre de cas de paludisme, espère éradiquer la maladie d’ici 2030, les chercheurs révèlent, par une modélisation mathématique, que l’objectif ne sera pas atteint sans prendre de mesures préventives dans les étables.



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