Paillis de plastique: promenade sous la pluie pour les salmonelles

Le 28 mars 2012 par Romain Loury
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Mauvais pour l'environnement, mais bon pour les salmonelles.
Mauvais pour l'environnement, mais bon pour les salmonelles.

Lors de courtes pluies, les paillis en plastique favorisent la dispersion des salmonelles sur les tomates en culture, révèle une étude américaine publiée dans le Journal of Food Protection.

Si les salmonelles sont généralement associées aux produits d’origine animale, plusieurs épidémies récentes ont impliqué des fruits et légumes. Parmi les dernières en date, une série de cas liés à des melons guatémaltèques, survenue aux Etats-Unis au printemps 2011. En cause, la contamination des sols par de l’eau d’irrigation souillée ou des excréments d’animaux.

Or les paillis en plastique, notamment utilisés afin de garantir une température stable, pourraient favoriser la dispersion à partir d’une source de salmonelle, en raison d’éclaboussures sur les fruits. Un phénomène que Juan Cevallos, de l’université de Floride à Gainesville, et ses collègues viennent de démontrer sur des tomates en pots.

Les chercheurs ont reproduit en laboratoire un modèle de culture en champ: une source de salmonelle placée sur divers supports (sol normal, paillis en plastique, paillis organique), placée au milieu de jeunes plants de tomates. Le tout soumis à une pluie artificielle, de durée et d’intensité variables.

Après une courte mais forte averse -10 minutes à 110 millimètres/heure-, c’est avec le paillis en plastique que les salmonelles «sautaient» le plus loin: jusqu’à 26 centimètres, contre seulement 8 cm sur un sol normal. La quantité de bactéries retrouvées dans les folioles (jeunes feuilles) s’en ressentait: elle était de 117 cfu/g avec le paillis en plastique, contre 3 cfu/g en son absence [1].

L’effet était moins fort avec un paillis de type organique: les bactéries bondissaient aussi loin (25 cm), mais en moins grande quantité, atteignant un maximal de 21 cfu/g. «Si c’est économiquement réalisable, nous conseillons d’utiliser ces paillis organiques, disponibles dans le commerce, plutôt que ceux en plastique», commentent les chercheurs.

Une fois qu’elles ont atterri à la surface de la plante, les salmonelles peuvent la pénétrer, puis migrer jusqu’aux fruits, ajoutent-ils. La situation serait moins critique si l’averse se prolonge: au bout de 10 minutes -après que les bactéries ont déserté la source-, les plantes sont lavées par la pluie.

Mais elle peut aussi entraîner les bactéries dans le sol… dans ce cas, il leur serait possible d’infecter la plante par les racines. Une possibilité que seuls des travaux en champ, que l’équipe compte mener avec une pluie naturelle, permettront d’évaluer.

[1] Le cfu (unité formant colonie) est une unité de mesure de la quantité bactérienne. Dans cette étude, elle a été rapportée à la masse de foliole, exprimée en grammes.



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