PAC et environnement: le point des vue des agriculteurs

Le 04 juillet 2007 par Agnès Ginestet
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pesticides
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Les mesures agro-environnementales ne satisfont pas l’ensemble de la profession agricole, et les défenseurs d’une agriculture durable souhaitent que le dispositif d’attribution des aides de la politique agricole commune (PAC) soit modifié.

Enregistrer les pratiques d'épandage, ne pas brûler les pailles et les résidus de culture, maintenir les pâturages permanents. Ces mesures agro-environnementales (MAE) dont dépend l'allocation d'aides suite à la réforme de la PAC de 2003 sont loin de faire l'unanimité. Selon Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA (1), «les agriculteurs comprennent pourquoi il est important de protéger l'environnement, mais ils trouvent que leurs efforts ne sont pas assez reconnus et vivent mal les sanctions». Pour Régis Hochart, porte-parole de la Confédération paysanne, ces mesures sont de «portée très limitée car elles mettent du sparadrap sur des dérives que la PAC a elle-même induites». Katell Nicolas, coordinatrice du Centre d'étude pour un développement agricole plus autonome (Cedapa), va dans le même sens: «Les MAE sont trop segmentées. Il n'y a pas d'approche globale qui concerne toute la ferme, par exemple sur l'équilibre entre le sol, les plantes et les animaux, mais des mesures territorialisées qui concernent 50% de la ferme».

Mais le point qui fait le plus débat au sein de la profession est la décision de la France d'attribuer les droits à paiement unique (DPU), qui sont des aides au revenu, en prenant pour référence ce que les agriculteurs touchaient en 2000, 2001 et 2002 (2). «Les paysans qui font de l'élevage à l'herbe sont pénalisés par ce système de droit à primes historiques», explique Julian Pondaven, directeur du réseau Cohérence qui fait la promotion de l'agriculture durable. Pour alerter l'opinion et l'Etat sur la nécessité d'une PAC plus juste, des agriculteurs bretons ont réalisé en 2006 et 2007 des jeûnes tournants. Cette action a été suspendue pendant les périodes électorales, mais ne restera pas sans suite si les autorités n'agissent pas. Selon Katell Nicolas, 15 agriculteurs ont déjà engagé des procédures judiciaires pour réclamer un nouveau calcul de leurs DPU.

«Nous demandons une réorientation de la PAC pour qu'elle reconnaisse l'agriculture durable et l'agriculture biologique. Il faudrait une régionalisation des aides pour que la PAC française soit plus juste, pour que ceux qui ont fait des efforts pour l'environnement soient plus aidés et ne soient pas pénalisés», souligne Julian Pondaven. Selon lui, le Conseil régional de Bretagne, la Chambre d'agriculture et la société civile étaient favorables à une régionalisation des aides, mais le gouvernement ne s'est pas engagé dans cette voie. Un bilan à mi-parcours de la réforme de la PAC étant prévu en 2008, le réseau Cohérence souhaite se «saisir de cette échéance pour engager l'agriculture européenne sur de nouvelles bases».



(1) Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles

(2) Voir le règlement (CE) n° 1782/2003 du 29 septembre 2003 établissant des règles communes pour les régimes de soutien direct dans le cadre de la politique agricole commune et établissant certains régimes de soutien en faveur des agriculteurs





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