PAC: 58.520 avis et un hiatus entre économie et environnement

Le 11 juillet 2017 par Marine Jobert
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Concilier protection de l'environnement et économie.
Concilier protection de l'environnement et économie.
Markus Mauthe, Greenpeace

La Commission a tiré le bilan des contributions déposées par les citoyens, les agriculteurs et les organisations sur leurs attentes en matière de modernisation de la politique agricole commune (PAC). Si certaines attentes convergent, reste la délicate conciliation entre économie et environnement.

322.916 contributions ont été reçues entre le 2 février et le 2 mai par la Commission européenne, lors de la consultation sur la modernisation de la PAC. Une fois passés au tamis les doublons et évincés les copiés-collés fournis par les organisations de tout bord (voir encadré), 58.520 réponses ont été prises en comptes et analysées. C’est l’Allemagne qui s’est le plus mobilisée, apportant à elle seule 32.509 contributions, devant la France (6.666) et l’Autriche (3.962). Derrière le clavier, une majorité de citoyens (27.893) et d’agriculteurs (21.386). Les 15% des autres contributions ont émané d’organisations professionnelles représentant des intérêts agricoles. Seules 4% des réponses reçues ont été le fait d’organisations de protection de l’environnement, à peine plus que celles émanant de syndicats.

258.575 contributions pour Living Land Campaign. Après le succès de la pétition ‘Nature Alerte’ (plus de 500.000 signatures) pour empêcher la réécriture des directives Oiseaux et Habitats, les ONG environnementales ont réussi à mobiliser les citoyens européens sur l’avenir de l’agriculture européenne. La Commission n’a pas tenu compte du contenu de chaque contribution, souvent simple copié-collé de réponses fournies, mais elle ne pourra ignorer l’ampleur de la mobilisation.

Les non-agriculteurs peu convaincus

A côté des sujets ‘classiques’ comme le niveau de vie des agriculteurs et les perspectives en termes d’emplois, c’est le thème de l’environnement qui a été le plus clivant entre les citoyens et les agriculteurs. Dès le diagnostic, l’écart est flagrant: quand 55% des répondants non agriculteurs estiment que les pressions sur l’environnement et le changement climatique sont LE défi majeur de la PAC, les agriculteurs sont 28% à penser de même. Et le bilan de la PAC en matière de biodiversité, de lutte contre la dégradation des sols, d’un usage plus raisonnable des pesticides ou de la préservation de la diversité génétique est apprécié très négativement par les profanes: moins de 10% d’entre eux estiment qu’elle répond à ces défis. Les agriculteurs, ainsi que les organisations ou les entreprises, ne les contredisent pas vraiment, puisque seuls 40% d’entre eux se disent confiants.

L’UE, niveau pertinent pour l’environnement

Parmi les thèmes les plus souvent rencontrés dans les contributions, quelques mots émergent, qui pourraient dessiner les contours d’une PAC moderne, autour du bien-être animal, de l’agriculture biologique, d’une production de qualité, de la préservation du sol et de l’eau. C’est vers les petits producteurs et ceux qui sont engagés pour l’environnement et le climat que devraient aller les aides directes, estiment les citoyens, qui plébiscitent la protection de la ressource en eau, devant la biodiversité et le sol. Si l’Europe est sans conteste le niveau règlementaire auquel doivent se gérer les questions environnementales, selon 79% des répondants, dépasser la tension entre environnement et économie «reste le grand challenge».



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